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Le ministère de l’Enseignement supérieur a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques de l’année 2026-2027 dans 11 établissements publics de Goma et Bukavu.
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Une deuxième décision ordonne la suspension immédiate de la rémunération de 48 membres du personnel que le ministère accuse d’avoir rejoint l’AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté des fonctions sous son autorité.
Le gouvernement congolais durcit ses mesures sur l’enseignement supérieur à Goma et Bukavu. Dans un arrêté signé le 20 août 2026, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, suspend jusqu’à nouvel ordre les activités académiques et para-académiques de l’année 2026-2027 dans 11 établissements publics des deux villes.
À Goma, la décision concerne l’UNIGOM, l’ISC, l’ISTM, l’ISTA et l’ISP. À Bukavu, elle vise l’Université officielle de Bukavu, l’ISC, l’ISTM, l’ISP, l’ISDR et l’ISAM. Les inscriptions et réinscriptions, les cours, les évaluations et les délibérations sont suspendus, de même que les actes pouvant conduire à la délivrance d’un titre académique pour 2026-2027.
Une exception est prévue pour les finalistes de l’année 2025-2026 dont le cursus n’a pas pu être achevé. Ils peuvent terminer leurs évaluations ou les activités nécessaires à l’obtention de leur diplôme auprès d’établissements publics ou privés dont les autorités sont reconnues par la République démocratique du Congo.
La mesure intervient alors que l’AFC/M23 contrôle Goma et Bukavu et administre une partie importante du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Reuters confirmait encore en août le maintien de ce contrôle, établi après l’offensive menée par le mouvement en 2025. Le ministère congolais a également dénoncé des décisions de l’AFC/M23 visant notamment la gestion des établissements universitaires, la perception de certains frais et le contrôle des diplômes.
Le 21 août, le ministère a pris une seconde mesure. Une lettre adressée aux secrétaires généraux de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ordonne de suspendre immédiatement le paiement des rémunérations de 48 membres du personnel. Le document précise qu’une procédure de révocation est engagée à leur encontre. Il demande également leur désactivation des listings de paie.
La liste annexée comprend 28 professeurs, 12 chefs de travaux, trois assistants et cinq personnes mentionnées sous d’autres qualités. Selon le ministère, ces personnes auraient rejoint l’AFC/M23, lui auraient prêté allégeance ou auraient accepté d’exercer des fonctions sous son autorité. Les documents consultés ne permettent pas d’établir indépendamment la situation individuelle de chacune d’elles.
Ces décisions créent désormais une séparation administrative nette : pour l’année 2026-2027, Kinshasa ne reconnaît pas la poursuite normale des activités académiques dans les 11 établissements concernés tant que les conditions fixées par l’État ne sont pas rétablies.
DecryptEco
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