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RDC : le cobalt bondit de 160 %, l’or corrige et le cuivre reste proche de ses records

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  • Le marché mondial des matières premières avance désormais à plusieurs vitesses. Le cobalt a bondi de 160 % depuis février 2025 sous l’effet des restrictions congolaises à l’exportation, tandis que l’or, encore au-dessus de 4 100 dollars l’once, a nettement reflué depuis son pic historique de janvier. Le cuivre reste, lui, solidement installé à des niveaux élevés.

  • Pour la RDC, cette divergence redessine la carte des revenus miniers. Le cobalt illustre la capacité d’un grand pays producteur à agir sur l’offre mondiale, tandis que la fermeté du cuivre soutient un secteur stratégique pour les exportations, les recettes publiques et l’équilibre extérieur du pays.

Les matières premières ne marchent plus d’un même pas. Au 9 juillet 2026, l’or évolue autour de 4 110 dollars l’once, le cuivre dépasse 6,20 dollars la livre sur le marché américain, le Brent oscille autour de 77 à 78 dollars le baril et le cobalt affiche l’une des progressions les plus spectaculaires du cycle actuel. Derrière ces mouvements se dessine un marché mondial fragmenté, où la géopolitique, les restrictions d’offre et la transition énergétique imposent des trajectoires de plus en plus distinctes.

Le cas du cobalt est le plus saisissant, et le plus directement lié à Kinshasa. Selon Reuters, les prix ont grimpé de 160 % depuis février 2025 pour atteindre environ 26 dollars la livre, soit 57 320 dollars la tonne, sous l’effet du resserrement de l’offre provoqué par la politique congolaise d’exportation. La RDC, acteur dominant de la chaîne mondiale du cobalt, a plafonné les exportations à 87 000 tonnes en 2026, avec une gestion plus serrée des quotas disponibles. Fin juin, les autorités ont encore retiré des volumes non utilisés, confirmant que la régulation de l’offre n’est plus une simple déclaration d’intention.

Le mouvement marque une rupture. Pendant des années, l’abondance du cobalt congolais avait contribué à alimenter un marché excédentaire et à comprimer les prix. Kinshasa tente désormais d’inverser cette mécanique : moins de tonnes disponibles sur le marché international, davantage de rareté et, en théorie, une meilleure valorisation du minerai. La remontée des cours montre déjà que la première puissance productrice dispose d’un levier réel lorsqu’elle accepte de gérer son offre plutôt que de subir les cycles.

L’or raconte une autre histoire. Le métal jaune reste extraordinairement cher, autour de 4 100 dollars l’once, et affiche encore une progression supérieure à 20 % sur un an selon les données de marché disponibles. Mais l’euphorie du début d’année s’est dissipée. Le World Gold Council relève que le prix de référence LBMA avait atteint 5 405 dollars l’once le 29 janvier avant de tomber à 4 001,80 dollars le 25 juin. En quelques mois, plusieurs centaines de milliards de dollars de valorisation théorique ont ainsi été balayées à l’échelle du marché, sans pour autant ramener l’or à des niveaux historiquement ordinaires.

Le cuivre, lui, conserve une puissance remarquable. Autour de 6,22 dollars la livre le 9 juillet, il demeure supérieur d’environ 11 % à son niveau d’un an plus tôt et proche du record historique touché en juin 2026. Électrification, réseaux, centres de données, véhicules électriques et contraintes minières continuent d’entretenir une tension structurelle sur le métal rouge. Pour la RDC, deuxième producteur mondial derrière le Chili, cette fermeté constitue un soutien majeur à l’économie minière, même si elle renforce aussi la dépendance du pays à une poignée de produits d’exportation.

Le pétrole tranche avec cette vigueur. Le Brent se négocie autour de 77 dollars le baril après une chute de plus de 16 % sur un mois. La Banque mondiale indique que son indice des prix de l’énergie a reculé de 17,7 % en juin, largement sous l’effet d’une baisse de 20,6 % du Brent. L’Agence américaine d’information sur l’énergie prévoit désormais un prix moyen de 74 dollars au troisième trimestre 2026, sur fond d’augmentation de l’offre et d’accumulation des stocks.

Cette dispersion est le véritable fait économique du moment. L’or reste cher mais corrige, le pétrole décroche, le cuivre résiste près de ses sommets et le cobalt s’envole sous l’effet d’une politique congolaise assumée de restriction de l’offre. Pour Kinshasa, le message dépasse les écrans de marché : dans l’économie mondiale des minerais critiques, le volume n’est plus l’unique source de puissance. La maîtrise du rythme auquel la ressource atteint le marché peut, elle aussi, devenir un instrument de souveraineté.

DecryptEco

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