Et si la vraie faille n’était pas le manque d’outils, mais le manque de coordination ? À Inspection Générale des Finances (IGF), cette question a servi de point de départ à une réunion stratégique, tenue le vendredi 27 mars 2026, avec plusieurs structures publiques engagées dans la lutte contre la corruption.
Autour de la table : l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), la Cellule d’Intelligence des Crimes et Malversations (CICM), l’Observatoire de Surveillance de la Corruption et de l’Éthique Professionnelle (OSCEP) et la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF). Des institutions qui, sur le papier, couvrent toute la chaîne ; prévention, détection, enquête, traçabilité financière, mais qui, dans la pratique, avancent encore trop souvent en ordre dispersé.
Le diagnostic partagé est lucide : l’information circule mal, les interventions se superposent et les délais affaiblissent l’effet dissuasif. D’où la décision de créer une task force interservices, pensée comme un mécanisme de coordination opérationnelle. Objectif : casser les silos, centraliser les alertes sensibles et accélérer le traitement des dossiers à fort enjeu.
Pour Christophe Bitasimwa, chef de service de l’IGF, le pari est clair : mutualiser les forces pour gagner en impact. Mais pour des experts en gouvernance publique, l’enjeu va plus loin. Une task force n’est efficace que si elle s’appuie sur trois leviers concrets : un partage sécurisé et fluide des données, une hiérarchisation claire des priorités et, surtout, une capacité réelle à déclencher des suites judiciaires. Sans cela, elle risque de devenir un simple cadre de concertation de plus.
Autre point de vigilance soulevé : l’indépendance fonctionnelle des structures impliquées. La coordination ne doit pas diluer les responsabilités ni ralentir la prise de décision. À l’inverse, elle doit créer une chaîne d’action lisible, où chaque institution intervient au bon moment, avec des résultats mesurables.
Cette dynamique s’inscrit dans la ligne impulsée par le président Félix Tshisekedi, qui place la lutte contre la corruption au cœur de l’action publique. Reste désormais à transformer l’intention en preuve : car dans ce domaine, ce ne sont ni les annonces ni les structures qui font la différence, mais la capacité à frapper vite, juste, et ensemble.
DecryptEco
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