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Zimbabwe : Chirundu boucle son financement pour fluidifier la route du cuivre entre la RDC-Zambie et les ports du Sud

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  • Le Zimbabwe a bouclé le financement de la modernisation du poste frontalier de Chirundu avec la Zambie. Standard Bank dirige la dette et une facilité de 80,25 millions USD bénéficie d’une couverture de l’ECIC sud-africaine.

  • Chirundu se trouve sur le corridor routier reliant les ports sud-africains au Copperbelt zambien et congolais. Une étude de la SADC mesurait à 15 jours et 21 heures le transit moyen du fret entre Durban et Kasumbalesa, avec Chirundu parmi les principaux points de retard.

Le Zimbabwe a sécurisé le financement nécessaire à la modernisation du poste frontalier de Chirundu, à la frontière avec la Zambie, ouvrant la voie au démarrage des travaux sur l’un des passages utilisés par les camions reliant les ports d’Afrique australe aux zones minières de Zambie et de République démocratique du Congo.

Le ministre zimbabwéen des Transports a annoncé la clôture du financement avec Chirundu Border Consortium, le partenaire privé chargé du projet.

Les travaux doivent entrer dans leur phase principale en octobre et durer environ 18 mois, selon le ministre des Transports Felix Mhona. Le projet prévoit la rénovation des bâtiments existants, de nouvelles voies et aires de stationnement, des ponts-bascules ainsi que l’intégration de systèmes informatiques et de traitement du trafic.

L’objectif opérationnel est d’augmenter le nombre de véhicules pouvant être traités et réduire le temps passé par les camions à la frontière.

Le financement apporte également une précision nouvelle sur la taille de l’opération. En 2024, le gouvernement zimbabwéen évaluait le projet à 66,8 millions USD.

L’Export Credit Insurance Corporation of South Africa indique désormais qu’une facilité de prêt de 80,25 millions USD soutient la transaction, avec une couverture de 100 % du risque politique et de 95 % du risque commercial sur le montant couvert.

Les deux chiffres ne mesurent toutefois pas nécessairement la même chose : les 66,8 millions correspondaient à l’estimation du coût du projet annoncée par le gouvernement, tandis que les 80,25 millions correspondent à une facilité de financement. Aucun coût final révisé n’a été publié.

Standard Bank of South Africa intervient comme arrangeur principal de la dette et prêteur senior. Safaga International conduit le projet et Strategic Partners Group participe comme investisseur stratégique.

La structure repose sur un partenariat public-privé : le consortium finance, construit et exploite le poste frontalier avant son transfert à l’État au terme d’une concession de 20 ans.

Le gouvernement avait précisé que le financement devait être levé à partir des flux générés par le projet, sans recours direct au financement public.

L’intérêt de Chirundu tient surtout à sa position dans la chaîne logistique minière régionale. Le poste se situe sur le corridor Nord-Sud, qui relie l’Afrique du Sud au Zimbabwe, à la Zambie puis au Copperbelt de la RDC.

Les camions y transportent vers le sud du cuivre et du cobalt, tandis que circulent dans l’autre sens carburants, équipements miniers, réactifs chimiques et engrais nécessaires aux mines et aux autres activités économiques.

Le COMESA décrit Chirundu comme le principal point d’entrée en Zambie depuis le Zimbabwe et comme une liaison vers huit marchés d’Afrique australe et orientale, dont la RDC.

Le temps perdu le long de cet axe reste mesurable. L’étude publiée par la SADC en février 2025 établissait à 15 jours, 21 heures et 5 minutes le temps moyen de dédouanement et de transit d’un chargement allant du port de Durban jusqu’à Kasumbalesa, à la frontière entre la Zambie et la RDC.

L’étude identifiait notamment Beitbridge et Chirundu parmi les points de congestion du parcours.

Des données de suivi des corridors montrent aussi l’écart qui peut exister selon le sens du trafic. Une observation publiée par le réseau régional de l’Organisation mondiale des douanes faisait état, pour Chirundu, d’environ 293 poids lourds par jour de la Zambie vers le Zimbabwe et 280 dans le sens inverse.

Sur la période observée, le temps médian de passage atteignait 5,6 heures dans un sens, mais 28 heures dans l’autre.

Ces données ne constituent pas une moyenne annuelle, mais elles montrent comment un même poste peut ralentir différemment les flux selon la direction et les procédures appliquées.

Pour les mines du Copperbelt, une réduction des délais ne concerne donc pas uniquement l’exportation du cuivre ou du cobalt.

Elle peut aussi raccourcir l’acheminement des carburants, pièces détachées, réactifs et équipements nécessaires à la production.

Chirundu reste cependant un maillon d’un trajet beaucoup plus long : les marchandises destinées à la RDC doivent encore traverser la Zambie puis Kasumbalesa.

La modernisation d’un poste peut réduire une partie du temps de transit ; elle ne supprime pas les autres frontières, routes et procédures qui expliquent les près de seize jours mesurés entre Durban et l’entrée du Copperbelt congolais.

DecryptEco | RDC & Afrique

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