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Un tribunal d’Accra a condamné Bernard Antwi Boasiako, président régional du New Patriotic Party (NPP) dans l’Ashanti, à 20 ans de prison avec travaux forcés pour des infractions liées à l’exploitation minière illégale. La justice l’a notamment reconnu coupable d’avoir cédé des droits miniers sans autorisation ministérielle et facilité des activités d’orpaillage clandestin.
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Cette décision intervient alors que le Ghana intensifie sa lutte contre le galamsey, l’exploitation artisanale illégale de l’or, responsable d’une dégradation croissante des forêts, de la pollution des cours d’eau et de pertes économiques importantes dans le premier producteur d’or d’Afrique.
Le Ghana a prononcé l’une des condamnations les plus lourdes jamais infligées dans le cadre de la lutte contre l’exploitation minière illégale. La Haute Cour d’Accra a condamné Bernard Antwi Boasiako, plus connu sous le nom de Chairman Wontumi, à 20 ans d’emprisonnement avec travaux forcés après l’avoir reconnu coupable de plusieurs infractions prévues par la législation minière ghanéenne.
Selon le jugement, l’homme politique et homme d’affaires a illégalement transféré des droits miniers sans l’autorisation du ministre en charge du secteur et facilité des activités d’exploitation minière non autorisées sur une concession située à Samreboi, dans la région de l’Ouest. Le tribunal a également infligé une amende de 120 000 cédis ghanéens à l’issue d’un procès portant sur 16 chefs d’accusation, tous retenus contre l’accusé.
Président régional du New Patriotic Party (NPP) dans l’Ashanti depuis 2014, Bernard Antwi Boasiako figure parmi les personnalités politiques les plus influentes du pays. Il est également associé à Akonta Mining, une société active dans l’exploitation aurifère, au cœur des investigations menées par les autorités depuis 2025.
Cette condamnation s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale contre le galamsey, nom donné au Ghana à l’exploitation artisanale illégale de l’or.
Les autorités considèrent cette activité comme l’une des principales menaces environnementales du pays, en raison de la pollution des rivières par le mercure, de la destruction des réserves forestières et de la dégradation des terres agricoles.
Premier producteur d’or du continent africain, le Ghana a produit plus de 4,8 millions d’onces d’or en 2025, selon les données officielles du secteur, tandis que les exportations minières représentent une part essentielle des recettes d’exportation et des revenus fiscaux du pays.
Dans ce contexte, la lutte contre l’exploitation illégale est devenue une priorité économique autant qu’environnementale.
La défense avait sollicité la clémence du tribunal, faisant valoir qu’il s’agissait d’un premier délit et que les entreprises de Bernard Antwi Boasiako emploient plusieurs centaines de personnes. La juridiction a rejeté ces arguments et confirmé la peine, tout en ouvrant la voie à une procédure d’appel annoncée par le NPP.
Ce jugement intervient dans un contexte où plusieurs pays africains renforcent leur arsenal juridique contre l’exploitation minière illégale afin de préserver les recettes publiques, protéger les ressources naturelles et améliorer la gouvernance du secteur extractif.
DecryptEco
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