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Le cacao progresse de 5,39 à 5,84 dollars le kilogramme, soit une hausse hebdomadaire de 8,35 %.
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Cette évolution intervient quelques semaines après la signature, le 2 juin 2026 à Abidjan, de l’Accord international sur le cacao (AIC 2026), un texte qui accompagne les ambitions de la RDC de devenir un acteur majeur de la filière mondiale.
Le prix indicatif du cacao exporté par la République démocratique du Congo s’établit à 5,84 dollars américains le kilogramme pour la période du 20 au 25 juillet 2026, contre 5,39 dollars la semaine précédente. Le gain atteint ainsi 0,45 dollar par kilogramme, soit une progression de 8,35 %.
Cette hausse intervient dans un marché mondial qui demeure favorable aux producteurs. Selon les dernières estimations de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), la production mondiale est évaluée à 4,723 millions de tonnes pour la campagne 2024-2025, après plusieurs saisons marquées par des tensions sur l’offre.
L’Accord d’Abidjan, un tournant pour la filière congolaise
Le 2 juin 2026, à Abidjan, la République démocratique du Congo a signé le nouvel Accord international sur le cacao (AIC 2026) en marge des travaux de l’Organisation internationale du cacao (ICCO). Ce protocole ouvre une nouvelle phase de coopération internationale autour de la gouvernance du marché, de la qualité des productions, de la collecte des statistiques, de la durabilité et du financement des projets de développement de la filière.
Cette adhésion s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à diversifier les exportations agricoles et à donner une place plus importante au cacao dans l’économie nationale.
Une ambition chiffrée : multiplier la production par dix
Le gouvernement congolais affiche un objectif particulièrement ambitieux : porter la production nationale à un million de tonnes de cacao par an d’ici une dizaine d’années.
Les données disponibles montrent que la filière connaît déjà une progression importante. Les exportations et la production sont passées d’environ 47 346 tonnes en 2021 à plus de 92 220 tonnes en 2025, soit pratiquement un doublement en quatre ans.
L’objectif du gouvernement de porter la production à un million de tonnes représente un changement d’échelle majeur. Il suppose de multiplier la production actuelle par plus de dix. À ce niveau, la RDC rejoindrait le cercle des très grands producteurs mondiaux, derrière la Côte d’Ivoire, mais devant plusieurs producteurs historiques d’Afrique centrale si cette trajectoire est effectivement atteinte.
Les prix créent une opportunité, l’industrie fera la différence
Pour les experts des marchés agricoles, la progression du prix du cacao constitue un signal encourageant, mais la véritable transformation se jouera désormais sur l’organisation de la filière.
L’adhésion à l’Accord international sur le cacao ne représente pas seulement un engagement diplomatique. Elle place la RDC dans un cadre où les décisions portent autant sur la transparence des marchés que sur la qualité, la traçabilité, les statistiques agricoles et la création de valeur ajoutée.
Les investisseurs internationaux accordent désormais une importance croissante à ces critères avant de financer une filière agricole.
Les spécialistes estiment que la RDC possède plusieurs avantages comparatifs : des conditions agroclimatiques favorables, d’importantes réserves foncières et une production en croissance.
En revanche, pour devenir un hub du cacao en Afrique subsaharienne, le pays devra aller au-delà de l’augmentation des volumes.
Cela passera notamment par la distribution de matériel végétal performant, la professionnalisation des coopératives, la mise en place d’un système statistique fiable, le renforcement de la traçabilité des fèves et surtout le développement d’une industrie locale de transformation. L’objectif est de ne plus exporter uniquement des fèves brutes, mais aussi du beurre de cacao, de la poudre, de la pâte et, à terme, des produits finis destinés aux marchés régionaux et internationaux.
Pour les analystes, si ces réformes accompagnent effectivement la dynamique actuelle des prix et l’ambition politique affichée, la RDC pourrait progressivement s’imposer comme le nouveau pôle de croissance de la filière cacaoyère en Afrique centrale et l’un des hubs émergents du cacao en Afrique subsaharienne, en complément des géants historiques que sont la Côte d’Ivoire et le Ghana.
DecryptEco
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