L’interception de 13 kilogrammes de diamants bruts à l’aéroport de Mbuji-Mayi, estimés à 2,5 millions USD, met en lumière une réalité persistante du secteur extractif congolais : l’importance des circuits informels dans la formation des prix.
Au-delà de l’infraction, cet épisode révèle un déséquilibre structurel. Lorsqu’une part significative de la production échappe aux circuits officiels, les prix observés ne reflètent plus la réalité du marché. Ils deviennent partiels, biaisés et déconnectés de la valeur réelle des ressources.
Dans le cas du diamant, cette distorsion est double. D’une part, elle réduit les recettes fiscales de l’État. D’autre part, elle fragilise les opérateurs formels, contraints de concurrencer des flux non régulés, souvent à des prix inférieurs.
Pour les analystes, la question n’est donc pas seulement sécuritaire. Elle est économique. Restaurer l’intégrité des prix passe par une traçabilité effective, une digitalisation des flux et une réduction des incitations à l’informel.
Dans un contexte où la RDC cherche à maximiser la rente minière, la lutte contre la fraude apparaît comme un levier direct de stabilisation des prix et d’augmentation des revenus publics.
DecryptEco
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