Home Finance RDC : la demande extérieure se creuse de 19,1 %, s’établissant à -28.296 milliards de CDF en 2024
Finance

RDC : la demande extérieure se creuse de 19,1 %, s’établissant à -28.296 milliards de CDF en 2024

Share
Share

La RDC voit son solde extérieur se détériorer pour la deuxième année consécutive. En 2024, la demande extérieure nette a plongé de 19,1 %, passant de -23.749,9 milliards de CDF en 2023 à -28.295,6 milliards, en dépit d’une bonne tenue des exportations de biens et services.

Ces chiffres sont issus du rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, récemment publié.

Les exportations ont continué de croître, mais à un rythme plus modéré que l’année précédente : +12,7 % contre +15,8 % en 2023, soutenues surtout par les produits miniers. Les importations, elles, ont progressé de 17,8 %, marquant un ralentissement après une hausse spectaculaire de 123,8 % l’an dernier. Ce déséquilibre traduit une pression accrue sur la balance commerciale, alimentée par les biens de consommation et les biens d’équipement.

Au niveau de la demande intérieure, l’économie reste en expansion, mais à un rythme modéré. La consommation privée et publique a progressé de 3,4 % en 2024, tirée par un renforcement des dépenses publiques, notamment le paiement des salaires complémentaires à l’ensemble des agents et fonctionnaires de l’État. Les investissements publics ont augmenté de 30,1 % contre 56,7 % en 2023, tandis que les investissements privés ont repris des couleurs (+17,9 %), après une contraction de 12,9 % l’année précédente.

Analysée dans un contexte africain plus large, la situation de la RDC n’est pas isolée. Plus de 80 % des exportations africaines reposent sur les matières premières, principalement dirigées vers l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. Les échanges intra-africains restent faibles, autour de 15-16 %, mais progressent. L’Afrique du Sud, le Nigeria, la RDC et l’Égypte dominent le commerce extérieur continental. Cette forte dépendance aux matières premières expose les économies aux chocs externes et aux fluctuations des prix. Dans le même temps, les exportations agricoles et de services, notamment le tourisme au Maroc et en Égypte, montrent une dynamique prometteuse, mais encore peu exploitée, renseigne la conférence des Nations Unies sur le commerce et le Développement (CNUCED).

Sur cet aspect se choses, une analyse à deux étages affûtée par les experts s’invite dans le débat. D’un côté, la résilience de l’économie congolaise est notable : la consommation intérieure et les investissements privés repartent, traduisant un tissu productif en mutation. De l’autre, le déficit extérieur met en lumière une vulnérabilité structurelle persistante : dépendance aux matières premières, pression sur les importations de biens d’équipement et exposition aux fluctuations externes.

Pour transformer ce déséquilibre en opportunité durable, les experts recommandent plusieurs axes : diversifier les exportations au-delà des matières premières, renforcer la production locale de biens intermédiaires et d’équipement, et développer les services à forte valeur ajoutée pour limiter la dépendance extérieure. La RDC pourrait également tirer parti de l’expansion du commerce intra-africain pour sécuriser des débouchés plus stables et régionaux.

Ainsi donc, la RDC continue de croître, mais cette croissance reste fragile tant que le déséquilibre extérieur persiste. La consolidation de la demande intérieure et la diversification des exportations apparaissent comme des priorités pour assurer un développement durable et réduire la vulnérabilité aux chocs externes.

DecryptEco

Share

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *