L’économie de la RDC a continué de croître de manière soutenue en 2025, avec un PIB réel en hausse de 5,8 %, légèrement en dessous des 6,1 % enregistrés l’année précédente. Les projections pour 2026 restent orientées à la hausse, avec un taux attendu de 6,2 %, signe que le pays conserve un dynamisme économique notable malgré des défis structurels persistants.
Ces chiffres sont contenus dans la récente note de la conjoncture économique en bref de la banque centrale du Congo(BCC).
En ce qui concerne le côté prix, le document souligne que l’inflation hebdomadaire a connu une légère accélération à 0,17 % au cours de la deuxième semaine de mars 2026, contre 0,15 % la semaine précédente. En cumul annuel, elle s’établit à 1,93 %, et à 2,14 % en glissement annuel, soit un niveau nettement inférieur à celui observé à la même période de 2025, où l’inflation dépassait les 10 %.
L’analyse sectorielle de la Banque Centrale du Congo (BCC) montre que cette inflation reste largement tirée par les produits alimentaires et boissons non alcoolisées, qui concentrent 67 % de la dynamique des prix. Les postes liés au logement, à l’énergie, aux transports et aux services contribuent également à la hausse, mais dans des proportions plus contenues.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent. Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’inflation en Afrique subsaharienne a nettement ralenti, avec un taux médian revenu à 4,5 % en 2024, après un pic à 9,3 % en 2022. Pour la période 2025-2026, elle devrait se stabiliser autour de 3,9 % à 4 % en moyenne. Dans ce contexte, la RDC apparaît en sous-inflation relative, avec un niveau de prix globalement mieux maîtrisé que la moyenne régionale.
Pour autant, cette performance doit être nuancée. Des profils technocratiques en finances publiques estiment que la stabilité actuelle repose sur un équilibre encore fragile, dans la mesure où la forte contribution des produits alimentaires expose le pays aux chocs exogènes, notamment climatiques et logistiques. À la différence de certaines économies africaines où l’inflation est davantage diffuse, la RDC reste vulnérable à des tensions ciblées pouvant rapidement se transmettre au panier global.
Dans ce contexte, la combinaison d’une croissance robuste et d’une inflation modérée constitue un signal positif pour les équilibres macroéconomiques. Mais elle impose en contrepartie une gestion budgétaire rigoureuse, une mobilisation accrue des recettes et une vigilance constante sur les dépenses publiques afin de consolider ces acquis dans la durée.
En filigrane, glissent les experts, la RDC se positionne ainsi dans une trajectoire globalement favorable au regard des standards régionaux, tout en restant exposée à des fragilités structurelles qui exigent une gouvernance économique disciplinée et anticipative.
DecryptEco
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