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CIRGL : Louis Watum appelle à briser le cycle des minerais de conflit dans les Grands Lacs

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  • La CIRGL représente un espace économique de 439 millions d’habitants, avec un PIB cumulé estimé à 523 milliards USD.

  • À Lusaka, Louis Watum plaide pour une traçabilité renforcée des minerais, la lutte contre les circuits illicites et le développement de la transformation locale.

Le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a appelé les États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) à renforcer leur coopération pour mettre fin à l’exploitation illicite des ressources minières et favoriser leur contribution au développement économique.

Cet appel a été lancé, le lundi 12 octobre 2026, à Lusaka, en Zambie, lors de la 10ᵉ réunion des ministres chargés des Mines de cette organisation régionale.

Président du Comité des ministres de la CIRGL, Louis Watum a particulièrement insisté sur l’application effective des engagements relatifs à la traçabilité, à la certification et au contrôle des chaînes d’approvisionnement.

Cette orientation concerne un espace économique considérable. Selon les statistiques publiées par la CIRGL en octobre 2025, ses 12 États membres totalisent environ 439 millions d’habitants et un produit intérieur brut cumulé estimé à 523 milliards USD, sur la base des données disponibles entre 2023 et 2025.

La région dispose d’importantes réserves de cuivre, de cobalt, d’or, d’étain et de tantale, auxquelles s’ajoutent des infrastructures commerciales reliant plusieurs bassins miniers aux marchés internationaux.

Selon l’Institut géologique américain (USGS), la RDC représentait environ 75 % de la production mondiale de cobalt en 2024. La même année, le cuivre constituait près de 66 % des exportations de marchandises de la Zambie, pour une valeur d’environ 7,5 milliards USD.

Ces chiffres illustrent l’importance commerciale de la région dans l’approvisionnement mondial en matières premières, notamment celles utilisées dans les industries électriques et les technologies énergétiques.

Cependant, la persistance des circuits informels, de la contrebande et des difficultés de contrôle transfrontalier fragilise la mobilisation des recettes publiques et la transparence des transactions.

Pour répondre à ces difficultés, Louis Watum préconise une meilleure circulation des informations entre administrations minières et l’application rigoureuse des mécanismes régionaux de certification.

La CIRGL dispose déjà d’un dispositif portant notamment sur quatre minerais : l’étain, le tantale, le tungstène et l’or.

Ce mécanisme vise à vérifier leur provenance et à réduire les risques de financement des groupes armés à travers leur commercialisation.

Au-delà des contrôles, le ministre congolais défend également la transformation locale des ressources naturelles.

Cette priorité répond à une faiblesse structurelle des économies minières africaines : l’importance des exportations de matières premières face aux capacités encore limitées de transformation industrielle.

Le développement d’unités de traitement, d’infrastructures énergétiques et de réseaux logistiques pourrait permettre aux pays membres de conserver une part plus importante de la valeur créée par leurs ressources.

Une coopération industrielle entre la RDC, la Zambie et les autres économies de la région pourrait également favoriser les investissements, les échanges commerciaux et la création d’emplois.

À Lusaka, les discussions ont ainsi associé la sécurité des chaînes d’approvisionnement aux perspectives d’industrialisation régionale.

Pour les États membres, les résultats dépendront désormais de l’efficacité des contrôles, de la réduction des flux illicites et de la capacité à transformer leur potentiel minier en recettes publiques, en activités productives et en croissance économique durable.

DecryptEco | RDC & Afrique

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