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RDC : Mukoko Samba et Mokgweetsi Masisi placent la paix au cœur de l’intégration économique des Grands Lacs

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  • Kinshasa et le facilitateur de l’Union africaine examinent la relance des projets énergétiques, des infrastructures et du commerce régional.

  • La RDC conditionne une intégration économique durable au respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

La République démocratique du Congo entend faire de la paix un préalable à l’intégration économique régionale. Cette orientation a dominé la séance de travail tenue, le samedi 10 octobre 2026 à Kinshasa, entre le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, et Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana et membre du Panel des facilitateurs de l’Union africaine.

Cette rencontre, organisée dans le cadre des efforts de médiation pour la paix dans l’Est du pays, a également réuni les ministres chargés des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Molendo Sakombi ainsi que des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda.

Les discussions ont porté sur l’application du Cadre d’intégration économique régionale issu du processus de Washington, la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) et le développement des corridors de transport.

Daniel Mukoko Samba a notamment rappelé les initiatives hydroélectriques de la Ruzizi et les projets d’infrastructures transfrontalières. Leur concrétisation pourrait améliorer l’approvisionnement électrique, réduire les coûts logistiques et stimuler les échanges commerciaux.

Pour les économistes spécialisés dans l’intégration régionale, ces investissements présentent un intérêt stratégique : connecter les marchés, soutenir la production industrielle et favoriser la circulation des biens.

Mukoko Samba a ainsi réaffirmé l’ouverture de Kinshasa à une coopération mutuellement bénéfique, tout en insistant sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. La participation de Mokgweetsi Masisi apporte également une dimension institutionnelle à cette médiation.

Le Botswana possède une longue expérience de stabilité politique et de gestion des ressources minières. En 2024, Masisi avait lui-même reconnu sa défaite électorale, permettant une alternance pacifique.

Pour les spécialistes de la gouvernance économique, cette expérience démontre l’importance d’institutions solides, d’une gestion rigoureuse des recettes publiques et de la continuité des politiques de développement.

Le Botswana illustre particulièrement cette trajectoire dans l’industrie diamantifère.

Grâce à ses ressources minières, valorisées dans un environnement relativement stable, ce pays d’Afrique australe a financé des infrastructures, l’éducation et des services essentiels. Selon le Processus de Kimberley, sa production a atteint 15,5 millions de carats de diamants en 2025, pour une valeur proche de 1,98 milliard USD.

La Banque mondiale souligne qu’entre 1966 et le début des années 2000, l’économie botswanaise a enregistré une croissance annuelle moyenne supérieure à 7 %, portée notamment par les revenus diamantifères et la stabilité institutionnelle.

En 2025, son PIB atteignait 19,93 milliards USD, malgré une contraction économique de 0,7 % liée notamment au recul du marché diamantaire. Le FMI prévoyait, en avril 2026, une reprise de la croissance à 4,7 % cette année.

Cette expérience rappelle aux pays des Grands Lacs que la paix, associée à une bonne gouvernance, peut favoriser la transformation des richesses naturelles en développement économique. La diversification demeure toutefois indispensable pour préserver durablement ces acquis.

DecryptEco | RDC & Afrique

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