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RDC : Teddy Lwamba mise sur une centrale flottante face au déficit électrique de Kinshasa

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  • La capitale reçoit environ 600 MW pour un besoin estimé à 1 200 MW, malgré un pic d’injection de 700 MW atteint précédemment.

  • La SNEL envisage environ 135 MW supplémentaires, mais l’amélioration durable du service exige aussi un réseau fiable et des ressources financières régulières.

Kinshasa manque d’environ la moitié de la puissance électrique nécessaire à son fonctionnement. Le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba, a exposé cet écart, le jeudi 1er octobre 2026, lors d’un briefing de presse animé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Face aux coupures, l’entreprise mise sur le renforcement du réseau et une centrale flottante pour augmenter l’approvisionnement. « On produit peu, on consomme beaucoup plus », résume le dirigeant.

Avec environ 600 mégawatts injectés pour une demande estimée à 1 200 MW, la capitale dispose d’une puissance insuffisante pour alimenter simultanément tous ses besoins. Un pic de 700 MW a été atteint précédemment, mais cette performance ne représente pas une disponibilité permanente.

Cette insuffisance explique le délestage : la SNEL alimente successivement plusieurs zones avec l’électricité disponible.

La rotation répartit la pénurie, sans la supprimer. Pour les ménages, elle entraîne des interruptions du service ; pour les commerces et les ateliers, elle peut imposer l’arrêt des activités ou des dépenses de carburant pour les groupes électrogènes.

La croissance urbaine et l’expansion des activités minières ont accru la demande, explique Teddy Lwamba.

Les importations ont complété la production nationale, sans résoudre durablement le déséquilibre entre les besoins et les capacités disponibles.

À cette pression s’ajoute la baisse saisonnière des eaux, située par le dirigeant entre juillet et la mi-octobre. Lorsque les conditions hydrologiques se dégradent, la puissance mobilisable des installations hydroélectriques peut diminuer. Il évoque également des mises à l’arrêt de machines et le retrait d’un groupe du réseau.

La réponse passe d’abord par les installations existantes. Teddy Lwamba affirme que l’assainissement du réseau de distribution a permis de récupérer plus de 180 MW. Ce gain annoncé ne doit toutefois pas être additionné automatiquement aux niveaux d’injection présentés : les éléments disponibles ne précisent pas quelle part y est déjà intégrée.

La SNEL prépare aussi le recours aux bateaux-centrales de Karpowership. Une première injection de 134 MW est envisagée à partir de Matadi. Il s’agit d’une puissance projetée, dont la mise en service reste à concrétiser.

Sur une base de 600 MW, cet apport porterait théoriquement l’approvisionnement à 734 MW, si toute la puissance était disponible pour Kinshasa.

Le déficit resterait alors de 466 MW : la centrale flottante atténuerait les coupures sans couvrir l’ensemble des besoins.

Le financement demeure une autre contrainte. Teddy Lwamba présente l’État comme le premier client de la SNEL, avec 25 % de la consommation, et souligne les difficultés de paiement ainsi que les limites tarifaires.

« Il faudra accepter de subventionner le secteur de l’énergie », plaide-t-il.

Acheter davantage d’électricité exige des recettes régulières. Les impayés réduisent les moyens consacrés à l’exploitation et à l’entretien.

Pour les abonnés, l’amélioration se mesurera donc aux heures d’alimentation effectivement gagnées, grâce à une production disponible, un réseau fonctionnel et un service financé.

DecryptEco | RDC & Afrique

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