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Fraude pétrolière en RDC : l’État mise sur SIGOIL pour affiner le suivi des carburants et sécuriser ses recettes

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  • Le gouvernement prépare un projet pilote associant SIGOIL aux scellés électroniques d’Intertek dans le Sud et l’Est.

  • Le dispositif doit rapprocher les cargaisons des déclarations pour détecter les irrégularités et protéger les recettes publiques.

L’État congolais prépare un suivi numérique des carburants importés. Le 29 septembre 2026, à Kinshasa, la ministre d’État aux Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a présidé une réunion consacrée au projet pilote associant Swiss Authentis et Intertek. Les zones d’approvisionnement Sud et Est seront prioritaires.

Le diagnostic remonte notamment à la 40ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 18 avril 2025 à Lubumbashi. Lors de ladite réunion, le gouvernement évaluait les volumes officiellement enregistrés dans le Sud à 120 000 m³ par mois, contre des volumes réels estimés à plus de 300 000 m³.

Il associait les entrées clandestines à des pertes économiques de plusieurs centaines de millions de dollars par an.

Développée avec Swiss Authentis, SIGOIL devrait centraliser les données sur l’importation, le transport, le stockage et la distribution. Le rapprochement de ces informations devrait permettre de repérer les écarts entre produits déclarés et livraisons effectuées, puis d’orienter les vérifications.

Dans cette optique, Intertek interviendra notamment par la pose de scellés électroniques sur les camions-citernes. Équipés de technologies GPS et GSM, ces dispositifs doivent suivre les cargaisons jusqu’aux lieux de déchargement. Leur intérêt est de rendre les mouvements vérifiables et de faciliter la détection des anomalies.

Le démarrage reste à fixer. « Nous attendons la date que nous communiqueront les autorités, mais nous sommes prêts », a déclaré Guillaume Chaize, directeur général de Swiss Authentis.

Cependant, quant au démarrage, le gouvernement ne précise toutefois pas encore le moment précis, moins encore le coût global du projet dans ce sens.

Les analyses publiées par l’Organisation mondiale des douanes confortent cette approche : le suivi électronique peut prévenir les détournements, protéger les recettes et réduire les délais de transit.

Ces constats soutiennent le principe du dispositif, sans constituer une évaluation du projet congolais.

La gouvernance pétrolière comporte aussi des risques contractuels. L’affaire DIG Oil avait exposé la RDC à une sentence arbitrale d’environ 617 millions USD, rapportée en 2021 par Africa Intelligence. Ce contentieux concernait des droits pétroliers, et non la contrebande ciblée par SIGOIL.

Pour les carburants importés, le bénéfice attendu devrait rapprocher les volumes contrôlés des droits dus et des paiements encaissés. Une cargaison mieux suivie doit permettre de recouvrer les recettes correspondantes.

DecryptEco | RDC & Afrique

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