Kinshasa et Kiev préparent un nouvel accord commercial bilatéral et des missions économiques croisées. L’agriculture et l’agro-industrie figurent parmi les premiers secteurs ciblés, avec un intérêt ukrainien affiché pour le café robusta et le cacao congolais.
Le marché existe déjà côté ukrainien : en 2024, le pays a importé pour 279,3 millions USD de café, mais seulement 2 040 USD provenaient directement de RDC. Pour Kinshasa, le rapprochement doit donc encore se transformer en flux commerciaux mesurables.

La République démocratique du Congo et l’Ukraine veulent remettre leur relation commerciale sur de nouvelles bases. À Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et l’ambassadeur ukrainien Vasyl Hamianin ont convenu, le mardi 22 septembre 2026, de travailler à la finalisation d’un nouvel accord commercial bilatéral et à l’organisation de missions économiques entre Kinshasa et Kiev.
Une commission mixte d’experts est attendue dans ce sens pour accompagner ce processus.
L’agriculture donne une dimension économique particulière au rapprochement. En 2025, les produits agricoles ont généré environ 22,6 milliards USD d’exportations pour l’Ukraine, soit près de 56 % de ses ventes totales de marchandises à l’étranger.
Les céréales ont représenté à elles seules 7,27 milliards USD, dont 3,9 milliards pour le maïs et 2,99 milliards pour le blé. Les huiles végétales ont également pesé lourd, avec 5,2 milliards USD pour la seule huile de tournesol.
C’est cette base agricole et agro-industrielle que Kinshasa cherche à connecter au potentiel congolais. Les discussions portent notamment sur le transfert de compétences, la transformation agricole et l’arrivée éventuelle d’investisseurs ukrainiens.
Le numérique, l’énergie, les transports et la logistique figurent également parmi les domaines évoqués. Dans l’autre sens, Kiev regarde notamment le café robusta et le cacao congolais. Les chiffres montrent toutefois que ce débouché reste presque entièrement à construire.
En 2024, l’Ukraine a importé 48 386 tonnes de café pour 279,3 millions USD. Sur ce volume, les expéditions enregistrées depuis la RDC ne représentaient que 205 kg, valorisés à environ 2 040 USD. Le Brésil, le Vietnam, mais aussi plusieurs plateformes européennes occupaient une place nettement plus importante dans l’approvisionnement ukrainien.
Le cacao offre également une ouverture. L’Ukraine a importé directement 4 251 tonnes de fèves de cacao en 2024 pour 29,1 millions USD, principalement du Ghana et de Côte d’Ivoire.
Dans le même temps, les statistiques commerciales recensent déjà des volumes importants de cacao congolais dirigés vers la Malaisie, l’Union européenne, l’Inde, les Pays-Bas ou encore l’Indonésie.
Le nouveau chantier intervient sur un terrain juridique ancien. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) recense un accord RDC-Ukraine de promotion et de protection des investissements signé à Kinshasa le 11 octobre 2000, mais toujours classé comme signé et non entré en vigueur.
Le projet annoncé mardi porte désormais sur la construction d’un nouveau cadre commercial entre les deux pays.
Les missions économiques envisagées à Kinshasa et à Kiev doivent précisément rapprocher producteurs, transformateurs et investisseurs.
Sur le café, le point de départ donne déjà la mesure du chemin à parcourir : face à un marché ukrainien de près de 280 millions USD en 2024, les ventes directes enregistrées depuis la RDC n’atteignaient encore que quelques milliers de dollars.
DecryptEco | RDC & Afrique
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