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RDC : Tenke Fungurume Mining pointée du doigt pour la pollution de l’air au SO₂ à Manomapia (étude)

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  • Le consortium Mazingira Pour Tous et Resource Matters mettent en cause l’usine 30K de Tenke Fungurume Mining (TFM) dans la pollution atmosphérique observée à Manomapia, dans le Lualaba. Leur enquête fait état d’un pic de dioxyde de soufre de 1 834 µg/m³ sur dix minutes, soit environ 3,7 fois la valeur guide de l’OMS.

  • Réalisée entre novembre 2025 et juillet 2026, l’étude s’appuie notamment sur le suivi de 209 participants et relève une forte fréquence de symptômes irritatifs dans la zone exposée.

Tenke Fungurume Mining est pointée du doigt dans une nouvelle étude consacrée à la pollution atmosphérique à Manomapia. Dans un rapport rendu public le 21 septembre 2026, le consortium Mazingira Pour Tous, avec l’appui technique de Resource Matters, met directement en cause l’usine 30K de TFM dans les épisodes de pollution documentés auprès de cette communauté riveraine.

Le communiqué attribue explicitement le phénomène aux installations de l’entreprise. L’enquête, indique-t-il, « documente les impacts sanitaires et environnementaux de la pollution atmosphérique générée par l’usine 30K de Tenke Fungurume Mining » sur les populations voisines.

Les mesures portent principalement sur le dioxyde de soufre, ou SO₂. Lors de la phase initiale d’investigation, les chercheurs disent avoir enregistré à Manomapia une concentration maximale de 0,7 ppm, soit environ 1 834 µg/m³ en moyenne glissante sur dix minutes.

Ce niveau représente environ 3,7 fois la valeur guide de 500 µg/m³ sur dix minutes retenue par l’Organisation mondiale de la santé. Les auteurs rapportent également des nuisances à plus de quatre kilomètres de l’usine.

Le SO₂ aurait surtout été détecté pendant la saison des pluies, lorsque les conditions météorologiques seraient moins favorables à la dispersion des polluants.

L’étude associe des mesures de qualité de l’air réalisées entre novembre 2025 et juillet 2026, un suivi longitudinal de 209 participants et 47 entretiens approfondis auprès des communautés riveraines.

Les écarts observés avec la zone témoin de Mutende sont importants. À Manomapia, 90,3 % des personnes suivies ont rapporté des odeurs irritantes, contre aucun cas dans la zone témoin. Les chatouillements nasaux concernent 88,3 % des participants, contre 30,8 % à Mutende.

Les auteurs relèvent également des irritations oculaires chez 40,7 % des personnes interrogées et des saignements de nez chez 17,5 %, contre aucun cas rapporté à Mutende pour ces deux symptômes.

Pour Mazingira Pour Tous, ces manifestations sont compatibles avec une exposition à des gaz acides comme le SO₂. « Ces résultats confirment les données initiales de EIA et Premicongo et sont une preuve que le problème persiste malgré les dénis de CMOC », affirme le communiqué, en référence à de précédentes alertes concernant les activités de TFM.

Le rapport introduit néanmoins une réserve importante. Ses auteurs reconnaissent que les mesures réalisées ne permettent pas, à elles seules, d’établir une relation de causalité directe entre les émissions de l’usine et chacun des problèmes de santé rapportés par les habitants.

L’étude met donc en évidence une exposition au SO₂ et une différence marquée de symptômes entre les deux zones, sans établir individuellement l’origine médicale de chaque cas.

Le consortium demande aux autorités congolaises une inspection associant experts indépendants, services publics compétents et représentants de TFM. Il réclame également une prise en charge médicale des populations affectées et la création d’un mécanisme d’indemnisation.

À l’entreprise, Mazingira demande notamment de renforcer ses systèmes de filtration et de publier en temps réel ses données de surveillance de la qualité de l’air.

DecryptEco | RDC & Afrique

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