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RDC : Abu Dhabi revient autour de Musonoï, mais le périmètre réellement négocié reste à clarifier

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  • Kinshasa et Abu Dhabi ont repris les discussions autour de Musonoï East, près de Kolwezi. Africa Intelligence présente le gisement comme l’un des actifs importants encore liés au portefeuille de la Gécamines.

  • Les dernières données de Jinchuan changent toutefois la lecture : Musonoï est désormais une mine en production, avec 654 000 tonnes de cuivre et 200 000 tonnes de cobalt classées en réserves fin 2025. Il reste donc à identifier précisément l’actif ou les droits visés par les discussions avec les Émirats.

Le cuivre et le cobalt de Musonoï reviennent dans les discussions entre la République démocratique du Congo et les Émirats arabes unis. Africa Intelligence rapporte, ce 21 septembre, une reprise des échanges autour de Musonoï East, près de Kolwezi, dans le Lualaba, présenté comme un actif à fort potentiel de la Gécamines.

Mais les données minières disponibles imposent de préciser ce qui est réellement sur la table.

En 2013, un rapport technique audité par SRK Consulting évaluait Musonoï Est à 31,7 millions de tonnes de ressources, avec une teneur moyenne de 2,76 % de cuivre et 0,91 % de cobalt.

Le sous-sol contenait ainsi environ 873 200 tonnes de cuivre et 287 600 tonnes de cobalt. À cette date, aucune réserve minérale n’avait encore été déclarée.

Treize ans plus tard, cette photographie est dépassée. Jinchuan International présente aujourd’hui Musonoï comme une mine souterraine détenue à 70 % par le groupe chinois, contre 25 % pour la Gécamines et 5 % pour l’État congolais.

Au 31 décembre 2025, l’entreprise déclarait 1,33 million de tonnes de cuivre et 396 000 tonnes de cobalt en ressources, dont respectivement 654 000 et 200 000 tonnes classées en réserves. La durée de vie publiée de la mine atteint 16 ans.

Musonoï n’est par ailleurs plus un projet uniquement géologique. La production commerciale a commencé en novembre 2025. Au premier semestre 2026, la mine a produit 17 046 tonnes de cuivre et 4 101 tonnes de cobalt contenus. Les ventes de cuivre ont atteint 16 336 tonnes et généré 205,4 millions USD de revenus.

C’est cette évolution qui rend le dossier émirati plus complexe. Pour des spécialistes de l’évaluation et des transactions minières, la valeur d’une opération ne peut être appréciée sans identifier précisément le droit économique concerné.

Si les discussions portent sur la mine exploitée par Jinchuan, il faut établir si elles concernent la participation de 25 % de la Gécamines, un autre intérêt existant ou un montage industriel distinct.

Si Abu Dhabi vise plutôt un périmètre voisin encore directement contrôlé par la Gécamines, le permis concerné, sa superficie, ses ressources et son niveau d’étude deviennent les données centrales.

Les informations publiques disponibles ne permettent pas encore de trancher entre ces hypothèses. L’intérêt émirati pour le cuivre africain est déjà concret. International Resources Holding a acquis 51 % de Mopani Copper Mines en Zambie dans une opération prévoyant jusqu’à 1,1 milliard USD d’investissement.

En février 2026, Kinshasa et Abu Dhabi ont parallèlement signé un Accord de partenariat économique global après deux années de négociations, avec une coopération couvrant notamment les minerais et les investissements.

Pour la Gécamines, la question n’est donc plus simplement de démontrer que Musonoï contient du cuivre et du cobalt.

Elle consiste à savoir quel actif elle contrôle encore autour du gisement, quels droits peuvent être négociés et sur quelle valeur économique ils peuvent être défendus.

Ressource et réserve, quelle différence ?

Des experts expliquent qu’une ressource minérale mesure une quantité de minerai identifiée dans le sous-sol avec un niveau de connaissance géologique donné. Cependant, poursuivent-ils, une réserve correspond à la partie dont l’exploitation est considérée comme économiquement et techniquement réalisable après intégration des coûts, de la méthode d’extraction, du traitement du minerai et d’autres paramètres.

C’est pourquoi, nuancent-ils, 873 200 tonnes de cuivre contenu dans une ressource ne signifient pas automatiquement 873 200 tonnes économiquement récupérables.

DecryptEco | RDC & Afrique

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