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RDC-Angola : un potentiel commercial encore peu exploité au cœur du forum de Kinshasa

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La troisième édition du Forum économique RDC-Angola s’est ouverte, le mercredi 01 avril à Kinshasa, en présence de la Première ministre Judith Suminwa, du vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba et du ministre d’État angolais à la Coordination économique, José de Lima Massano. Pendant deux jours, responsables publics et opérateurs économiques examinent les moyens de donner plus de consistance aux échanges entre Kinshasa et Luanda.

Les données avancées lors des discussions illustrent le contraste. Avec un marché estimé à près de 170 millions d’habitants et un produit intérieur brut combiné avoisinant les 190 milliards de dollars, les deux pays disposent d’une base économique significative. Pourtant, le commerce formel bilatéral se limite à environ 600 millions de dollars par an, soit une fraction marginale de ce potentiel.

Cette situation s’explique en partie par la vitalité des échanges informels le long des 2 500 kilomètres de frontière commune. Produits agricoles, biens de consommation et carburants circulent quotidiennement en dehors des circuits officiels. Cette réalité traduit autant la proximité des économies que les limites des dispositifs censés encadrer les flux : procédures administratives lourdes, coûts logistiques élevés et accès encore inégal aux services financiers.

Côté angolais, les autorités mettent en avant les évolutions récentes de leur économie. Le programme de privatisation engagé, combiné à des investissements dans les infrastructures, soutient la progression du secteur non pétrolier, dont la croissance dépasse les 5 %. Les réserves internationales atteignent, elles, 15,3 milliards de dollars, couvrant plus de sept mois d’importations. Autant d’éléments présentés comme des signaux d’ouverture aux partenaires régionaux.

Dans cette dynamique, certaines initiatives retiennent l’attention. Le poste frontalier de Luvo, désormais opérationnel, vise à encadrer davantage les échanges et à sécuriser les transactions. Parallèlement, des discussions autour de l’implantation de banques angolaises en RDC cherchent à améliorer la circulation des capitaux entre les deux pays, encore souvent freinée par des contraintes pratiques.

Les échanges du forum mettent ainsi en évidence une priorité : rapprocher les mécanismes économiques des réalités du terrain. Au-delà des intentions, la question porte sur la capacité à simplifier les procédures, à fiabiliser les infrastructures et à offrir aux entreprises un environnement propice à des transactions régulières et transparentes.

L’exemple du corridor de Lobito, régulièrement évoqué, rappelle que des projets structurants peuvent réorganiser les flux commerciaux lorsqu’ils s’appuient sur une coordination étroite entre États et acteurs privés. Entre Kinshasa et Luanda, la proximité géographique et les complémentarités économiques offrent un terrain favorable. Reste à organiser ces atouts pour en faire un espace d’échanges plus lisible et mieux intégré.

DecryptEco 

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