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RDC : 135,2 milliards CDF absorbés via les Bons BCC au T1 2026

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Au premier trimestre 2026, la Banque centrale du Congo a intensifié ses opérations de régulation monétaire. Au 20 mars, le recours aux Bons de la banque centrale BCC a permis de ponctionner 135,2 milliards de francs congolais de liquidité sur le marché, renseigne l’institution via sa récente de note de conjoncture économique du pays.

Concrètement, ces instruments servent à retirer l’excès de monnaie en circulation afin de contenir les pressions inflationnistes. Dans un contexte de tensions sur les prix, cette action vise à stabiliser le cadre macroéconomique en limitant les déséquilibres monétaires.

Sur le marché interbancaire, les taux d’intérêt se sont établis à 17,5 %, tandis que le taux appliqué au guichet de prêt marginal a atteint 19,0 %. Malgré ces niveaux relativement élevés, l’activité reste contrastée. Si le volume des opérations interbancaires a progressé à 50,0 milliards de CDF en mars, contre 42,0 milliards en février, aucune transaction n’a été enregistrée au cours de la semaine sous revue.

Autre fait marquant : plusieurs guichets de refinancement demeurent inactifs. Le guichet de prêt par adjudication, introduit pour moderniser les mécanismes de financement à court terme, n’a enregistré aucune opération ni en 2025, ni à ce stade de 2026. Le guichet de prêt marginal, quant à lui, est resté sans utilisation sur la période analysée.

Pour les observateurs financiers, cette configuration traduit une liquidité bancaire globalement maîtrisée, mais aussi un marché encore peu dynamique. « L’absence de recours aux facilités de prêt peut indiquer que les banques disposent de ressources suffisantes, mais aussi révéler une prudence accrue dans l’octroi de crédits », notent plusieurs analystes.

Sur cet aspect de choses, la Banque centrale privilégie une approche restrictive, en cohérence avec les tensions inflationnistes importées, notamment via la hausse des prix internationaux. Le recours accru aux Bons BCC s’inscrit ainsi dans une logique de stérilisation monétaire.

Outre les chiffres, les experts révèlent que le système bancaire congolais évolue dans un équilibre fragile, entre abondance de liquidités et faible intermédiation. La régulation monétaire agit, mais le marché interbancaire peine encore à jouer pleinement son rôle de transmission.

Dans cet environnement, le véritable enjeu reste la profondeur du marché financier. Car stabiliser la monnaie est une nécessité. Mais faire circuler le crédit, de manière saine et productive, demeure la condition essentielle pour transformer cette stabilité en croissance réelle.

DecryptEco 

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