Home Finance RDC : le plan de trésorerie cible 924,6 millions USD en mars, mais révèle un État encore trop étroit
Finance

RDC : le plan de trésorerie cible 924,6 millions USD en mars, mais révèle un État encore trop étroit

Share
Share

Kinshasa affine sa trajectoire budgétaire. Pour mars 2026, le plan de trésorerie projette 2 281,2 milliards de CDF de recettes (924,6 millions USD) face à 2 960,1 milliards de CDF de dépenses, soit un déficit prévisionnel de 678,9 milliards de CDF. À mi-mois, un peu plus de la moitié des recettes attendues est déjà mobilisée, un signal d’efficacité relative des régies financières.

Ces chiffres ressortent de documents de suivi de la banque centrale du Congo (BCC).

Premier niveau de lecture : une mécanique qui fonctionne, mais sous contrainte.

Les administrations fiscales tiennent leur rang : la DGI, la DGDA et la DGRAD assurent l’essentiel des flux, confirmant une capacité de mobilisation progressive. Dans un contexte de pressions sécuritaires, diplomatiques et humanitaires, la montée des dépenses n’est pas surprenante. L’État montre, comme en février, qu’il peut couvrir ses déficits à court terme par des financements jugés soutenables, ce qui stabilise la trésorerie et évite les ruptures de paiement.

Deuxième niveau : un effort encore trop faible à l’échelle du pays.

Rapporté à une population estimée à près de 100 millions d’habitants, moins d’un milliard USD de recettes mensuelles reste modeste. Cela traduit une base fiscale étroite, une forte informalité et une présence inégale de l’État sur le territoire. Le contraste est frappant : des dépenses en hausse, mais une redistribution encore peu perceptible pour une large partie de la population, notamment hors des grands centres urbains.

Le risque : une croissance budgétaire sans ancrage social.

Si l’écart entre recettes et dépenses se creuse durablement, la soutenabilité dépendra de financements additionnels, au risque d’alourdir la contrainte future. Sans élargissement de l’assiette, chaque choc (sécuritaire ou social) fragilise davantage l’équilibre.

Pour les experts, la piste de sortie serait d’ : élargir, formaliser, territorialiser.

Trois leviers se dessinent :

Primo, élargir l’assiette fiscale via la formalisation progressive des activités informelles, en simplifiant l’impôt plutôt qu’en l’alourdissant ;

Secundo, numériser la collecte pour réduire les fuites et améliorer la traçabilité des recettes ;

Tertio, territorialiser la dépense publique, en affectant une part visible des recettes aux provinces et aux services de base (santé, éducation, infrastructures locales), afin de restaurer le lien fiscal : payer l’impôt doit se traduire concrètement.

La RDC progresse dans la gestion de trésorerie. Mais le véritable test reste celui-ci : transformer une mobilisation encore limitée en impact tangible pour une population vaste et dispersée. Sans cela, la performance budgétaire restera une réussite comptable, mais pas encore un levier de développement.

DecryptEco 

Share

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *