Sous l’impulsion du ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, la centrale hydroélectrique de Kakobola est entrée officiellement en service dans le territoire de Gungu le lundi 23 mars2026, marquant une avancée concrète dans l’effort d’électrification des provinces longtemps restées en marge des grands réseaux énergétiques. Porté par le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, le projet affiche une capacité installée de 10,5 mégawatts, reposant sur une technologie au fil de l’eau, moins dépendante de grands réservoirs et adaptée aux réalités locales.
Au-delà de la production, l’infrastructure intègre l’ensemble de la chaîne énergétique, avec des lignes de transport vers Kikwit, Gungu, Idiofa et plusieurs localités environnantes, des sous-stations de transformation et des réseaux de distribution destinés à alimenter ménages, services publics et petites activités économiques. Une approche intégrée souvent absente des projets passés, où la production ne s’accompagnait pas toujours d’un réseau capable de distribuer efficacement l’électricité.
Sur le terrain, l’impact attendu est immédiat pour plus de 400 000 habitants, dans une zone où l’accès à l’électricité reste encore largement limité. L’arrivée de l’énergie ouvre des perspectives concrètes : conservation des produits agricoles, développement de petits ateliers, amélioration des conditions de travail dans les structures de santé, ou encore continuité des services éducatifs.
Dans les milieux spécialisés, cette mise en service est perçue comme un signal encourageant. Des profils du secteur énergétique soulignent la pertinence du choix technologique, le modèle au fil de l’eau offrant une certaine stabilité d’exploitation tout en limitant les coûts environnementaux et les contraintes liées aux grandes retenues.
Ils relèvent également l’importance d’avoir intégré transport et distribution dès la conception, un point souvent critique dans la réussite des projets énergétiques en Afrique subsaharienne. Sans réseau fiable, la production reste théorique ; avec un réseau opérationnel, elle devient un levier économique tangible.
Mais ces mêmes analystes invitent à rester attentifs à la suite : maintenance des équipements, viabilité financière du service, qualité de la distribution et gouvernance locale du réseau. Car l’histoire énergétique du pays a montré que la mise en service d’une centrale n’est qu’une première étape, parfois fragile si elle n’est pas accompagnée dans la durée.
Kakobola s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large où l’énergie n’est plus seulement une infrastructure, mais un outil direct de transformation des économies locales. Reste désormais à traduire cette capacité installée en service continu, fiable et accessible pour les populations concernées.
DecryptEco
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