La liquidité bancaire en République démocratique du Congo affiche une progression nette à mi-mars. Au 13 mars 2026, les dépôts en monnaie nationale des banques commerciales logés à la Banque Centrale du Congo (BCC) ont atteint 3.400,9 milliards de francs congolais, en hausse hebdomadaire de 79,3 milliards.
C’est ce qui ressort de la note de conjoncture économique de la Banque Centrale du Congo. Cet aspect de chose, d’après les experts, constitue un signal de consolidation dans un système financier encore en construction, à l’échelle d’un pays de plus de 100 millions d’habitants.
Ce niveau de liquidité, rapporté à la taille démographique et économique du pays, reste toutefois modeste. Il traduit une intermédiation bancaire encore limitée : l’épargne formelle progresse, mais demeure concentrée et insuffisamment diffusée dans le tissu économique réel.
Pour encadrer cette dynamique, la BCC maintient un cap monétaire relativement accommodant depuis sa décision du 8 janvier 2026. Le taux directeur a été abaissé à 15,0 %, tandis que la facilité de prêt marginal a reculé à 19,0 %. Dans le même temps, les coefficients de réserve obligatoire ont été maintenus, signal d’une volonté de stabilité plutôt que de resserrement.
Sur le front des opérations, la Banque centrale poursuit une gestion active de la liquidité à travers les Bons BCC. Les adjudications récentes illustrent une demande soutenue des banques, avec 388,0 milliards de CDF soumissionnés sur les titres à 7 jours, contre un plafond de 360,0 milliards effectivement retenu. Les maturités plus longues ; 28 et 84 jours, ont, quant à elles, été intégralement absorbées.
Les taux restent relativement élevés, oscillant entre 13,5 % et 15,0 %, signe d’un marché monétaire encore marqué par des primes de risque et une profondeur limitée. Les taux moyens pondérés, légèrement inférieurs, traduisent néanmoins une certaine détente.
L’encours global des Bons BCC s’établit désormais à 1.401,8 milliards de CDF, avec une forte concentration sur les maturités longues. Ce positionnement reflète une préférence des banques pour des placements sécurisés à horizon étendu, au détriment d’un financement plus dynamique de l’économie.
Dans ce contexte, l’injection de liquidité de 36,2 milliards de CDF opérée le 11 mars apparaît comme un ajustement technique plutôt qu’un changement de cap. La Banque centrale continue de piloter finement l’équilibre entre liquidité et stabilité.
En filigrane, indiquent les experts, la réalité pour la RDC s’impose : le système bancaire congolais gagne en structuration, mais reste encore étroit au regard des besoins d’une économie de masse. La liquidité circule, les instruments existent, les volumes progressent, mais la transformation de cette liquidité en crédit productif, notamment en faveur des PME, demeure le véritable défi.
DecryptEco
Leave a comment