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À l’approche du Forum Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, l’ANAPI engage des discussions avec la diplomatie russe pour attirer davantage d’investisseurs en RDC.
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Les échanges ciblent notamment les mines, l’agriculture, l’agro-industrie et les nouvelles technologies, dans un contexte où les investissements russes effectivement réalisés restent limités.
La République démocratique du Congo (RDC) cherche à renforcer ses relations économiques avec la Fédération de Russie, en privilégiant désormais la mobilisation des investissements productifs.
Dans cette perspective, la Directrice générale de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), Rachel Pungu Luamba, s’est entretenue, le vendredi 23 octobre 2026 à Kinshasa, avec l’ambassadeur russe, Karl Tikhaze.
Au cours des échanges, le diplomate a reconnu la faiblesse des investissements russes effectivement réalisés en RDC, malgré les compétences dont disposent les entreprises de son pays dans plusieurs secteurs économiques.
Les discussions ont notamment porté sur les mines, l’agriculture, l’agro-industrie et les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Pour rapprocher les opérateurs économiques des deux pays, Rachel Pungu Luamba a envisagé l’organisation d’une mission économique en RDC, permettant aux entrepreneurs russes d’identifier des projets et de rencontrer leurs éventuels partenaires congolais.
L’ANAPI prévoit également de promouvoir les opportunités nationales à Moscou, notamment à travers un stand consacré au potentiel économique congolais.
Cette démarche intervient alors que Kinshasa et Moscou entretiennent déjà une coopération multisectorielle, notamment dans les domaines diplomatique, éducatif et sécuritaire.
Le 19 novembre 2025, le ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, et l’ambassadeur russe avaient notamment examiné les perspectives de renforcement de leur coopération militaire, particulièrement dans la formation des Forces armées congolaises et le dialogue technique.
Selon les données publiées en mars 2026 par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Russie représentait 12 % des importations d’armements majeurs en Afrique subsaharienne entre 2021 et 2025.
Sur le plan économique, les données disponibles illustrent l’ampleur des possibilités encore inexploitées.
Selon les statistiques douanières russes, les échanges commerciaux entre la Russie et l’ensemble du continent africain ont atteint environ 17,2 milliards USD sur les huit premiers mois de 2026.
En RDC, l’ANAPI a agréé 96 projets et requêtes en 2025, représentant 5,13 milliards USD d’investissements projetés, dont 84,39 % d’origine étrangère. Aucun montant précis n’est cependant communiqué concernant la contribution russe à ces agréments.
Ces données montrent également que l’étendue géographique ne constitue pas, à elle seule, un indicateur de puissance économique.
Avec respectivement 17,1 millions et 2,34 millions de kilomètres carrés, la Russie et la RDC disposent de vastes territoires. Mais leur superficie représente peu face aux enjeux déterminants que sont les capitaux effectivement investis, les infrastructures développées et les emplois créés.
Pour les spécialistes de l’environnement des affaires de la Banque mondiale, l’amélioration des procédures administratives et de la sécurité juridique demeure essentielle.
Dans cette optique, une évaluation publiée en 2026 relève notamment des délais de création d’entreprise compris entre 41 et 117 jours dans quatre villes congolaises étudiées.
Dans cette configuration, le Forum Russie-Afrique pourrait constituer un véritable saut d’échelle dans les relations économiques bilatérales, à condition de dépasser les simples déclarations d’intention.
Pour l’ANAPI, l’enjeu consistera à présenter des projets chiffrés, techniquement réalisables et financièrement attractifs, puis à organiser des négociations directes avec les investisseurs russes.
La mise en place d’un mécanisme de suivi des engagements, assorti d’un calendrier de réalisation et de garanties adaptées, pourrait ensuite accélérer la transformation des intentions en investissements.
Le véritable succès de cette tribune ne se mesurera donc pas au nombre de rencontres diplomatiques, mais à sa capacité à mobiliser des financements, à favoriser le transfert de technologies et à développer de nouvelles activités productives en RDC.
DécryptEco | RDC & Afrique
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