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RDC : l’État se dote d’un Service national de dispatching pour piloter le réseau électrique

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  • Le gouvernement congolais annonce la création, par décret, du Service national de dispatching (SND), chargé de coordonner la production, le transport et les échanges d’électricité sur le réseau national.

  • Cette nouvelle structure vise à optimiser la circulation de l’énergie, à renforcer la stabilité du réseau électrique et à améliorer l’utilisation des capacités disponibles.

La République démocratique du Congo (RDC) se dote d’un nouvel instrument de gestion de son système électrique. Le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité a annoncé, ce jeudi 15 octobre 2026, la création, par décret, du Service national de dispatching (SND), un établissement public destiné à assurer le pilotage coordonné des flux d’électricité sur le territoire national.

Portée par le ministre Aimé Sakombi Molendo, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa, cette réforme s’inscrit dans le processus de réorganisation du secteur électrique engagé par le gouvernement.

Le projet de décret avait déjà été adopté lors de la 88ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 8 mai 2026 à Kinshasa. Il prévoyait notamment la création d’un organisme chargé de la sûreté du réseau, de l’arbitrage technique et de l’optimisation des mouvements d’énergie.

Concrètement, le dispatching désigne l’ensemble des opérations permettant de coordonner, en temps réel, la production et le transport de l’électricité.

Son fonctionnement repose sur un principe simple : adapter continuellement la quantité d’électricité injectée dans le réseau aux besoins des consommateurs, tout en respectant les capacités techniques des infrastructures.

Lorsqu’une centrale rencontre des difficultés ou qu’une ligne de transport devient surchargée, le centre de dispatching peut coordonner les ajustements nécessaires pour maintenir l’équilibre du système.

Le SND aura également pour mission de superviser les échanges d’électricité, notamment entre les différents réseaux interconnectés.

Cette organisation présente un intérêt économique particulier pour la RDC, dont les activités industrielles, minières et commerciales nécessitent un approvisionnement électrique régulier.

Une meilleure coordination des flux peut contribuer à limiter certaines interruptions, à réduire les pertes liées aux déséquilibres du réseau et à améliorer l’utilisation de l’électricité effectivement produite.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne, dans son rapport Electricity 2026, qu’une gestion plus efficace des réseaux existants permet d’améliorer leur capacité d’utilisation. Elle rappelle également que les insuffisances des infrastructures de transport constituent un obstacle à l’acheminement de l’électricité.

Dans le cas congolais, la création du SND répond ainsi à un besoin de coordination technique, sans constituer une augmentation directe des capacités nationales de production.

Pour les experts du secteur électrique, l’intérêt d’un tel dispositif réside notamment dans sa capacité à améliorer la gestion des infrastructures existantes et à réduire les déséquilibres entre les zones de production et les centres de consommation.

Cette approche suppose toutefois une articulation claire entre les responsabilités du SND, celles de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) et les missions des opérateurs chargés de l’exploitation des réseaux.

Sur le plan technique, une coordination centralisée permet également de mieux identifier les contraintes de transport et d’orienter les interventions vers les équipements les plus sollicités.

La distinction reste essentielle : le SND assurera la coordination technique des flux, tandis que les opérateurs continueront d’exploiter les infrastructures électriques relevant de leurs responsabilités.

À terme, une gestion centralisée pourrait également faciliter l’intégration de nouveaux producteurs et améliorer la coordination des échanges transfrontaliers.

DécryptEco | RDC & Afrique

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