-
Le Plan stratégique 2026-2028 prévoit une transition progressive vers un contrôle fondé sur les données, la digitalisation et l’analyse des risques.
-
À Bruxelles, les échanges avec l’Union européenne ont porté sur un accompagnement technique et le partage d’expériences pour soutenir cette transformation.
L’Inspection générale des finances (IGF) sollicite l’expertise européenne pour transformer sa manière de surveiller l’argent public en RDC.
Dans cette perspective, à Bruxelles, Christophe Bitasimwa Bahii, inspecteur général des finances-chef de service, a présenté une réforme qui devrait renforcer l’exploitation des données et mieux cibler les risques.
De leurs côtés, les représentants de l’Union européenne ont évoqué un accompagnement technique et des échanges entre experts.
Cette démarche prolonge le Plan stratégique 2026-2028 de l’institution. Celui-ci organise le passage progressif de la patrouille financière au contrôle systémique, avec un déploiement par projets pilotes et un renforcement des compétences numériques des inspecteurs.

La patrouille financière repose sur la présence d’inspecteurs dans les administrations et les entreprises publiques pour suivre les opérations pendant leur exécution.
Dans son diagnostic, l’IGF relève une forte mobilisation des équipes et des résultats parfois fragiles après leur départ. Le contrôle systémique vise à examiner les mécanismes qui permettent aux irrégularités de se répéter.
Le changement porte donc sur la profondeur de la vérification. Face à un paiement irrégulier, il s’agit aussi de comprendre comment il a été autorisé, quelles vérifications ont échoué et si la même faiblesse touche d’autres opérations.
Corriger la procédure doit permettre de réduire les risques de répétition.
Les données servent à orienter ce travail. Le rapprochement des montants facturés, des paiements enregistrés et des sommes encaissées peut faire apparaître des écarts. La comparaison des références peut signaler un éventuel doublon. Ces alertes guident les investigations ; elles ne prouvent pas, à elles seules, un détournement.
La dimension financière du plan éclaire également la recherche de partenaires.
Dans sa présentation publiée en mai, l’IGF indiquait 22 millions USD de financements identifiés et un besoin complémentaire de 17 millions. Sur un total de 39 millions USD, environ 44 % restaient donc à couvrir à cette date : près de 44 dollars sur chaque tranche de 100 dollars nécessaires.
À Bruxelles, l’ouverture européenne concerne notamment l’assistance technique. Aucun montant n’est précisé dans le compte rendu de cette rencontre. L’appui envisagé pourrait contribuer à former les équipes et à organiser l’exploitation des informations financières.
Pour fonctionner, le dispositif exige des données fiables, des systèmes capables d’échanger et un suivi des anomalies détectées.
Sans correction des procédures et récupération effective des sommes dues, la multiplication des alertes informatiques ne suffira pas à mieux protéger les ressources publiques. L’intelligence artificielle (IA) figure également parmi les outils envisagés pour renforcer cette surveillance.
Elle devrait appuyer l’analyse des données et la détection des risques, sans remplacer les vérifications des inspecteurs. Son utilisation relève encore de la transformation annoncée.
Lors du briefing de presse tenu le mercredi 5 août 2026 à Kinshasa, Christophe Bitasimwa avait présenté cette approche devant les journalistes.

« Nous pouvons faire notre travail d’analyse sans nécessairement être sur le terrain », avait-il déclaré.
Le rapprochement des données devrait ainsi permettre aux inspecteurs de repérer les risques avant leur déplacement, puis de concentrer leurs interventions sur les opérations nécessitant une vérification approfondie.
DecryptEco | RDC & Afrique
Laisser un commentaire