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RDC : MSF alerte sur la multiplication des attaques contre les structures de santé dans l’Est

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  • Des hôpitaux, des ambulances et des bases médicales ont été pris dans les combats au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, exposant directement les patients et les soignants.

  • Ces violences réduisent l’offre de soins dans une région déjà confrontée aux déplacements de population, aux épidémies et au manque chronique de personnel et de médicaments.

Les établissements de santé ne sont plus épargnés par les violences qui traversent l’Est de la République démocratique du Congo. Médecins Sans Frontières (MSF) rapporte une succession d’incidents armés dans et autour des hôpitaux où ses équipes interviennent, avec des morts, des blessés et des interruptions de services médicaux.

Au cours des premiers mois de 2025, MSF avait recensé une quinzaine d’incidents violents touchant directement les structures qu’elle soutenait au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. À l’hôpital de Kyeshero, à Goma, une vingtaine d’hommes armés ont pénétré dans l’enceinte dans la nuit du 4 au 5 avril. Une personne a été tuée, trois autres blessées et deux membres du personnel hospitalier sévèrement battus. Des balles ont atteint certaines salles, dont l’une s’est logée dans le matelas d’un patient.

À Masisi, les combats pour le contrôle de la ville ont fait des victimes devant l’hôpital général de référence. Un employé de MSF, Jerry Muhindo Kavali, touché par balle dans la base de l’organisation le 20 février, est décédé deux jours plus tard. MSF indique que trois membres de son personnel ont été tués au Nord-Kivu pendant l’année 2025. Deux centres de santé soutenus par l’organisation à Masisi et à Rutshuru ont également été atteints par des balles perdues au cours d’une même semaine en octobre.

La même insécurité a gagné d’autres zones d’intervention. À Walikale, des tirs croisés ont endommagé la base et plusieurs véhicules de MSF en mars. À Uvira, des hommes armés ont circulé et tiré dans l’hôpital général de référence, obligeant les patients à se mettre à couvert et les équipes médicales à interrompre leurs activités. Des ambulances ont aussi été bloquées alors qu’elles tentaient de rejoindre des centres de santé.

Chaque attaque retire temporairement des lits, du personnel, des véhicules ou des médicaments à un système sanitaire déjà débordé. Durant le seul premier semestre 2025, les équipes de MSF ont soigné plus de 3 600 personnes pour des blessures liées aux violences dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Maniema. Certains patients n’arrivent à l’hôpital que plusieurs jours après avoir été blessés, ce qui réduit leurs chances de survie.

La pression devrait rester forte en 2026 : le Cluster Santé estime que 7,5 millions de personnes auront besoin d’une assistance médicale vitale en RDC, alors que l’insécurité, les pénuries et les attaques répétées limitent l’accès aux services essentiels.

MSF demande aux forces engagées dans les combats de préserver le caractère civil des hôpitaux et de protéger les patients, les soignants et les ambulances. Sans garanties de sécurité, certaines activités médicales pourraient être suspendues, laissant des populations entières sans soins au moment où les besoins augmentent.

DecryptEco

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