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Afrique : les réformes qui ont permis à l’Algérie et à la Namibie de quitter la liste grise du GAFI

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  • Le Groupe d’action financière a retiré l’Algérie et la Namibie de sa liste grise, saluant les progrès réalisés par les deux pays dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

  • Cette décision consacre plusieurs réformes institutionnelles, réglementaires et opérationnelles destinées à renforcer la transparence financière, la supervision des secteurs à risque et l’efficacité des enquêtes.

L’Algérie et la Namibie viennent de franchir une étape importante dans leur repositionnement financier international. À l’issue de sa session plénière tenue du 17 au 19 juin 2026 à Paris, le Groupe d’action financière (GAFI) a annoncé le retrait des deux pays africains de la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée, plus connue sous le nom de « liste grise ».

Cette décision n’est pas seulement technique. Elle traduit une amélioration de la crédibilité financière de ces deux États auprès des institutions internationales, des banques correspondantes et des investisseurs. Être retiré de la liste grise signifie qu’un pays a suffisamment renforcé son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et, plus largement, les flux financiers illicites.

Dans le cas de l’Algérie, le GAFI a salué des progrès significatifs dans plusieurs domaines clés. Le pays a renforcé sa supervision fondée sur les risques, notamment dans les secteurs les plus exposés. Il a également amélioré son cadre relatif aux bénéficiaires effectifs, un élément central dans la lutte contre les sociétés-écrans utilisées pour dissimuler l’origine des fonds illicites.

Alger a aussi consolidé son régime de déclarations des opérations suspectes, tout en mettant en place un cadre plus efficace pour les sanctions financières ciblées liées au financement du terrorisme. Le GAFI relève également l’adoption d’une approche fondée sur les risques dans le contrôle des organisations à but non lucratif, tout en veillant à ne pas perturber les activités légitimes du secteur associatif.

La Namibie a, de son côté, renforcé les capacités humaines et opérationnelles de ses autorités de supervision. Le pays a amélioré les contrôles sur place et à distance, accru l’application de sanctions proportionnées et dissuasives en cas de manquement, et renforcé les mesures de vigilance dans les institutions financières et les professions non financières désignées.

Windhoek a également amélioré la qualité de son dispositif de renseignement financier. Sa cellule de renseignement financier a bénéficié de ressources supplémentaires, de formations et d’un meilleur cadre de coopération avec les autorités chargées des enquêtes. Le GAFI souligne aussi les progrès réalisés dans l’utilisation du renseignement financier pour appuyer les investigations liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Autre avancée importante : la Namibie a renforcé son dispositif de transparence sur les bénéficiaires effectifs des personnes morales et des constructions juridiques. Cette réforme vise à rendre plus difficile l’utilisation d’entreprises comme véhicules de dissimulation de fonds criminels.

Pour les deux pays, la sortie de la liste grise peut produire des effets économiques concrets. Elle peut réduire les coûts de conformité pour les banques, faciliter les relations avec les établissements financiers internationaux, améliorer la perception du risque pays et renforcer l’attractivité auprès des investisseurs étrangers.

Mais le retrait de la liste grise ne signifie pas la fin des efforts. Le GAFI invite l’Algérie et la Namibie à poursuivre leur coopération avec leurs organismes régionaux respectifs afin de préserver les acquis et garantir la durabilité des réformes engagées.

Pour l’Afrique, cette double sortie envoie un signal important. Elle montre qu’une amélioration crédible du dispositif de conformité financière peut rapidement se traduire par un gain de réputation internationale. Dans un continent où plusieurs économies cherchent à attirer davantage de capitaux, la lutte contre les flux financiers illicites devient désormais un levier stratégique de compétitivité.

DecryptEco

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