Entre 2021 et 2025, la masse salariale de l’État congolais a connu une progression soutenue, atteignant un total de 18,91 milliards de dollars américains pour 7,41 millions d’agents rémunérés. C’est ce que met en lumière une analyse du Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement local (CREFDL), qui scrute l’évolution des dépenses publiques liées au personnel.
Dans le détail, les crédits alloués aux rémunérations sont passés de 2,75 milliards USD en 2021 à 4,581 milliards USD en 2025. Une hausse de près de 40 %, soit 1,83 milliard USD supplémentaire en cinq ans. Rapportée à une moyenne annuelle, cette progression équivaut à une croissance de 9,12 % des dépenses du personnel.
Pourtant, cette dynamique budgétaire contraste avec l’évolution des effectifs. Sur la même période, le nombre d’agents pris en charge par le Trésor public n’a augmenté que de 2 %, passant de 1 488 427 à 1 518 276 agents, soit environ 29 850 agents supplémentaires par an. Un écart qui interpelle.
Selon l’analyse du centre, les années 2023 et 2025 marquent des pics significatifs dans l’augmentation des dépenses salariales, sans correspondance proportionnelle avec les effectifs. Ce décalage soulève des questions sur la structure des rémunérations, les éventuels ajustements salariaux, mais aussi sur la qualité du suivi budgétaire.
Au-delà des chiffres, le CREFDL insiste sur un enjeu central : la transparence. L’évolution rapide des dépenses, comparée à la faible croissance des effectifs, appelle à un renforcement des mécanismes de contrôle, de traçabilité et de publication des données publiques.
Dans un contexte où la gouvernance financière est au cœur des réformes, cette lecture met en évidence la nécessité d’un pilotage plus rigoureux de la masse salariale. Objectif : garantir que chaque dollar engagé serve efficacement l’administration publique et renforce la confiance des citoyens.
DecryptEco
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