-
Le vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito, s’est engagé à améliorer les moyens financiers, matériels et logistiques des cellules chargées du Système intégré de gestion des marchés publics (SIGMAP).
-
Malgré les équipements informatiques déjà disponibles, les difficultés d’accès à Internet et l’insuffisance des ressources de fonctionnement continuent de freiner le déploiement de cette plateforme destinée à renforcer la transparence des marchés publics.
Le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, entend améliorer les conditions de fonctionnement des structures chargées de la mise en œuvre du Système intégré de gestion des marchés publics (SIGMAP) en République démocratique du Congo (RDC).
Cet engagement a été annoncé le jeudi 15 octobre 2026 par le directeur général de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP), Katembo Komakinga, à l’issue d’une séance de travail consacrée à l’évaluation du dispositif.
Organisée en présence du vice-ministre du Budget, Élysé Bokumwana Maposo, cette rencontre a permis de dresser un état des lieux du fonctionnement de la plateforme et d’identifier les difficultés qui entravent encore son utilisation.
Si les cellules pilotes disposent désormais d’équipements informatiques, leur accès à Internet et leurs moyens de fonctionnement restent insuffisants pour garantir une utilisation régulière du système.
Pour répondre à ces contraintes, Adolphe Muzito s’est engagé à soumettre la situation au Conseil des ministres afin d’examiner les mesures susceptibles d’améliorer leurs conditions de travail.
Le ministère envisage également l’intégration des cellules concernées dans le dispositif des cinq départements de ses cabinets, ainsi que l’organisation de réunions mensuelles consacrées au suivi des activités.
Lancé le 29 août 2022 par le président Félix Tshisekedi, le SIGMAP constitue l’un des instruments de modernisation de la commande publique congolaise.
Concrètement, cette plateforme permet de numériser les principales étapes d’attribution des marchés publics, depuis la planification des achats jusqu’au suivi de l’exécution des contrats.
Elle doit notamment faciliter la publication des appels d’offres, le traitement des dossiers, le contrôle des procédures et la production de statistiques sur les marchés attribués.
Toutefois, son déploiement a rencontré plusieurs difficultés.
En mars 2026, l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) relevait que des obstacles techniques et opérationnels avaient retardé le passage du système à sa phase de production. Le 25 juin 2026, le gouvernement a lancé un Centre de services partagés destiné à accompagner les administrations dans l’utilisation de la plateforme.
À cette occasion, l’ARMP indiquait que 20 cellules pilotes avaient bénéficié d’équipements informatiques et d’une connexion Internet, avec l’appui du projet ENCORE de la Banque mondiale.
Les difficultés signalées en octobre montrent néanmoins que l’installation des équipements ne suffit pas à garantir leur fonctionnement permanent.
Sur le plan technique, une connexion Internet instable peut interrompre la transmission des dossiers, ralentir les validations administratives et compromettre la mise à jour des informations relatives aux marchés publics.
L’amélioration des moyens de fonctionnement pourrait donc faciliter le traitement des procédures et réduire certains délais administratifs. Sur le plan économique, une utilisation plus régulière du SIGMAP présenterait également un intérêt pour les entreprises.
La publication accessible des appels d’offres peut permettre à davantage d’opérateurs économiques, notamment les PME, de connaître les marchés disponibles et d’y participer.
Une meilleure traçabilité des procédures faciliterait aussi les contrôles en permettant de retrouver les différentes étapes ayant conduit à l’attribution d’un contrat.
Cependant, la numérisation ne garantit pas, à elle seule, la transparence. Celle-ci, expliquent les experts, suppose également des informations complètes, des procédures respectées et des contrôles effectifs.
DécryptEco | RDC & Afrique
Laisser un commentaire