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RDC : voici les faiblesses et les pistes de solution de l’économie congolaise selon Albert Zeufack

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  • Malgré une croissance moyenne de 6,5 % par an sur dix ans, la pauvreté n’a reculé que de 72 % en 2012 à 69 % en 2020, souligne Albert Zeufack.

  • Le responsable de la Banque mondiale préconise une économie plus diversifiée et des projets mieux exécutés, alors que près de la moitié d’un portefeuille de 8,2 milliards USD reste non décaissée.

Les richesses sont abondantes, la croissance soutenue, mais la pauvreté reste largement installée. En présentant son diagnostic de l’économie congolaise, Albert Zeufack a rapproché deux chiffres : une croissance moyenne de 6,5 % par an sur dix ans et une pauvreté passée de 72 % en 2012 à 69 % en 2020. La production augmente, sans amélioration comparable du quotidien des ménages.

Le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC intervenait le 29 septembre 2026, au Fleuve Congo Hôtel, à Kinshasa. La consultation, consacrée à l’entrepreneuriat, à l’industrie et aux investissements, préparait le Cadre de partenariat pays 2027-2036.

À l’en croire, le problème apparaît aussi dans les revenus du travail. Plus des deux tiers de la population travaillent, mais deux tiers des travailleurs gagnent moins que le seuil de pauvreté. Exercer une activité ne suffit donc pas à vivre décemment.

« Cette croissance, malheureusement, ne se traduit pas par une réduction de la pauvreté proportionnelle », a-t-il relevé.

De l’avis d’Albert Zeufack, cette situation tient d’abord au manque de diversification. L’extraction et l’exportation brute de minerais portent la croissance, tout en créant peu d’emplois. Les autres activités se développent difficilement, faute d’infrastructures suffisantes. L’accès à l’électricité atteint seulement 21 %, contre 42 % en moyenne en Afrique subsaharienne.

L’éducation, la formation, la santé et la nutrition présentent également des carences qui pèsent sur les capacités de travail et les revenus futurs. La mauvaise gouvernance, la concentration des revenus et un climat d’investissement peu attractif freinent les entreprises. Dans les régions touchées par les conflits, l’insécurité aggrave ces contraintes.

Pour Albert Zeufack, les difficultés concernent aussi la capacité à utiliser les financements disponibles. La Banque mondiale a doublé son portefeuille, désormais porté à 8,2 milliards USD. Près de la moitié reste pourtant non décaissée.

« Alors, qu’est-ce qui n’a pas marché, d’après nous ? C’est véritablement la mise en œuvre. »

Son raisonnement est simple : un projet prévu sur quatre à cinq ans devrait décaisser 20 à 25 % de ses ressources chaque année. Or, le seuil de 25 % n’a plus été atteint depuis cinq ans. Les trois derniers taux cités sont de 16 %, 21 %, puis 23,5 % l’année dernière, après des « efforts titanesques ».

Le partenariat 2022-2026 privilégiait trois domaines : la stabilisation, les services de base et le capital humain, puis la gouvernance économique et l’investissement privé. Un tiers du portefeuille était concentré dans trois provinces de l’Est.

Albert Zeufack reconnaît néanmoins des avancées. Plus de 21 millions de personnes ont bénéficié de services essentiels de santé et plus de 3 millions d’enfants supplémentaires ont rejoint l’école. À Kinshasa, il cite plus de 2 millions de personnes desservies en eau potable par Binza Ozone, avec l’ambition de dépasser 6 millions dans le prochain partenariat.

Pour améliorer les conditions de vie, il préconise de diversifier la production et de faciliter le financement des PME. Une électricité plus accessible et de meilleures liaisons entre les territoires doivent soutenir les entreprises et l’emploi. L’éducation, la formation, la santé et la nutrition doivent aussi être renforcées, dans le prolongement de la Vision 2050 et du PNSD 2024-2028.

L’exécution des projets appelle, à ses yeux, des unités de gestion stables, professionnelles et préservées des interventions politiques. La Banque mondiale doit également raccourcir ses délais d’avis de non-objection. Des dossiers mieux préparés réduiraient les corrections successives, tandis que les procédures environnementales, sociales et de passation des marchés doivent gagner en rapidité.

Le responsable insiste enfin sur la transparence. Il présente les crédits IDA comme des financements à 0,75 % par an, sur vingt-cinq à trente ans, avec des différés de cinq à dix ans. Face à la concurrence entre pays, la RDC doit accélérer ses projets pour conserver l’accès à ces ressources. Toute dépense inéligible au regard des accords de financement doit être remboursée par l’État.

DecryptEco | RDC & Afrique

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