Le gouvernement a mis en avant un chantier discret mais structurant : rapprocher l’État des citoyens par la technologie. En toile de fond, un constat partagé par les spécialistes de la sécurité publique : l’accès difficile aux services d’urgence et la fragmentation des communications administratives affaiblissent l’efficacité de l’action sécuritaire.
L’information ressort du compte-rendu de la 84e réunion du Conseil des ministres, ténue le vendredi 27 mars 2026, À Bandundu-Ville.
Le Ministre des Postes et Télécommunications, Augustin Kibassa Maliba a ainsi présenté un projet d’appui technique à la sécurité nationale reposant sur la connectivité des 145 territoires du pays. Kinshasa servira de phase pilote, avant un déploiement progressif à l’échelle nationale.
Première traduction concrète : l’activation imminente de deux numéros verts, le 126 et le 164. Courts, gratuits et accessibles, ils permettront aux citoyens de contacter rapidement les forces de l’ordre. Une mesure simple en apparence, mais stratégique. « Dans beaucoup de pays, l’efficacité des dispositifs de sécurité commence par la capacité du citoyen à alerter rapidement », rappelle un expert en gouvernance sécuritaire.
Au-delà des numéros d’urgence, le projet ambitionne de transformer en profondeur l’architecture des communications publiques. À maturité, il prévoit l’interconnexion des administrations, la mise en place de centres de commandement et la fluidification des échanges entre la haute hiérarchie, les services centraux et les entités opérationnelles sur l’ensemble du territoire.
Les implications sont multiples : coordination en temps réel entre ministères régaliens, capacité accrue de gestion des crises, et modernisation du pilotage administratif. La tenue à distance de la conférence des gouverneurs ou encore la transmission rapide d’instructions sécuritaires illustrent ce basculement vers un État plus réactif.
Reste un défi de taille : la mise en œuvre effective. Car au-delà de l’annonce, la réussite dépendra de la qualité des infrastructures, de la fiabilité des opérateurs télécoms et de la discipline institutionnelle. « La technologie peut réduire les délais, mais elle ne remplace pas la chaîne de commandement. Elle la révèle », résume un analyste.
En enclenchant ce projet, le gouvernement pose une brique essentielle : celle d’une sécurité publique plus accessible, mais surtout mieux coordonnée. Un enjeu clé dans un pays aux dimensions continentales.
DecryptEco
Leave a comment