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Transformation des minerais en RDC : Félix Tshisekedi opte pour l’intégration d’une technologie brevetée par Sandrine Mubenga

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  • Le Président Félix Tshisekedi préconise l’intégration d’une technologie développée par la scientifique congolaise Sandrine Ngalula Mubenga dans le projet de transformation de l’Institut technique Mutoshi, à Kolwezi, en Centre d’excellence industriel.

  • Baptisée Efficiency Measuring Apparatus (EMA), cette innovation brevetée aux États-Unis vise à améliorer la gestion et l’efficacité énergétique des batteries lithium-ion, au cœur de la transition énergétique mondiale.

La République démocratique du Congo (RDC) entend associer davantage son expertise scientifique nationale à la transformation industrielle de ses ressources minières stratégiques.

Lors du Conseil des ministres du vendredi 23 octobre 2026, le Président Félix Tshisekedi a salué le démarrage du projet de transformation de l’Institut technique Mutoshi, situé à Kolwezi, dans le Lualaba, en Centre d’excellence dédié aux métiers miniers et aux technologies industrielles.

Au cœur de cette initiative portée par la Gécamines figure une innovation congolaise : l’Efficiency Measuring Apparatus (EMA), développée par la professeure et ingénieure Sandrine Ngalula Mubenga.

Spécialiste du génie électrique, enseignante à l’Université de Toledo, aux États-Unis, et à l’Université de Kinshasa, Sandrine Mubenga fut également la première Directrice Générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE).

Son invention a obtenu, le 8 juillet 2025, le brevet américain n° 12 355 278, délivré par l’Office américain des brevets et des marques (USPTO).

Concrètement, l’EMA permet de mesurer l’efficacité du transfert de charge électrique entre les cellules d’une batterie lithium-ion.

Cette technologie facilite la conception de systèmes de gestion destinés à améliorer les performances, la sécurité et la durée de vie des batteries.

Elle ne transforme donc pas directement les minerais en batteries, mais intervient dans une étape technologique essentielle à leur utilisation et à leur optimisation.

Son intégration au projet Mutoshi traduit la volonté de valoriser une expertise scientifique congolaise dans une industrie où le pays dispose d’importants avantages miniers, mais demeure limité dans la fabrication des produits finis.

Selon le rapport Mineral Commodity Summaries 2026 de l’Institut géologique américain (USGS), la RDC a produit environ 230 000 tonnes de cobalt en 2025, représentant 73 % de la production minière mondiale. Sur le cuivre, les exportations congolaises ont dépassé 3,3 millions de tonnes en 2025.

Cependant, le cobalt quitte principalement le territoire sous forme de produits intermédiaires, notamment d’hydroxydes, tandis que le cuivre est largement exporté sous forme de cathodes raffinées.

La fabrication des composants et des cellules de batteries reste essentiellement réalisée à l’étranger. Pour renforcer les capacités industrielles nationales, Félix Tshisekedi privilégie trois piliers complémentaires : les minerais, l’électricité et l’éducation.

Le Centre de Mutoshi devra ainsi former des techniciens, des ingénieurs et des chercheurs capables de développer des technologies industrielles adaptées aux ressources congolaises.

L’intégration de l’EMA pourrait notamment favoriser le transfert de connaissances, la recherche appliquée et la protection de la propriété intellectuelle nationale.

Cette ambition intervient également dans un secteur confronté à d’importants défis sociaux. Selon une publication de l’Organisation internationale du travail (OIT) de 2024, 6 242 enfants ont été identifiés dans des activités minières sur 14 sites du Lualaba et du Haut-Katanga.

Les experts des Nations unies ont également documenté des circuits de contrebande de minerais dans l’Est congolais, particulièrement autour de Rubaya, au Nord-Kivu.

L’industrialisation nécessite ainsi des compétences qualifiées, mais également une meilleure gouvernance des chaînes d’approvisionnement.

Dans cette perspective, le futur Centre d’excellence devra s’articuler avec le Centre africain d’excellence pour les batteries et la Zone économique spéciale de Musompo.

Étendue sur plus de 900 hectares, cette dernière ambitionne de mobiliser environ 2 milliards USD d’investissements pour développer l’industrie des batteries et les activités connexes.

Pour concrétiser cette orientation, Félix Tshisekedi a instruit plusieurs ministres, sous la coordination de la Première ministre, d’élaborer une feuille de route consacrée au financement, à la formation, aux infrastructures et aux partenariats industriels.

La Gécamines devra poursuivre son accompagnement et veiller au respect du calendrier d’exécution.

À travers ce projet, l’intégration de la technologie développée par Sandrine Mubenga illustre une orientation industrielle fondée sur la valorisation des ressources minières, mais également sur la capacité des scientifiques congolais à concevoir des innovations et à participer à leur exploitation industrielle.

DécryptEco | RDC & Afrique

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