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Le gouvernement congolais prévoit 16,5 milliards USD d’investissements pour moderniser les villes et améliorer les infrastructures urbaines d’ici 2035.
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Le programme cible 500 000 ménages et prévoit une mobilisation des financements publics, privés et internationaux.
La République démocratique du Congo (RDC) entend accélérer la modernisation de ses villes à travers un programme d’investissements estimé à 16,5 milliards de dollars américains. Cette ambition figure dans le Plan décennal de l’Urbanisme et de l’Habitat 2026-2035, présenté par le ministre d’État chargé de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi.
Les orientations de ce programme ont été exposées lors d’une concertation organisée le mardi 13 octobre 2026, réunissant des entreprises spécialisées, des institutions financières et des partenaires techniques.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte pression démographique sur les villes congolaises. Selon les données présentées par le ministre, le pays enregistre un déficit estimé à quatre millions de logements, tandis que 82 % des ménages ne disposent pas de titre foncier.
À ces difficultés s’ajoute un accès encore limité aux services essentiels. En milieu urbain, les taux d’accès à l’eau potable et à l’électricité sont respectivement évalués à 52 % et 45 %.
Une programmation financière de 16,5 milliards USD
Sur l’enveloppe globale annoncée, 6,4 milliards USD sont destinés aux projets SOSAK et PDTK à Kinshasa, principalement dans les domaines de l’assainissement et des transports urbains.
Cette allocation représente près de 39 % du budget prévisionnel, illustrant le poids de la capitale dans les investissements envisagés.
Par ailleurs, quatre milliards USD devraient financer le développement des villes secondaires et des corridors économiques, contre trois milliards pour les grandes agglomérations, notamment Lubumbashi, Kisangani et Goma.
Le gouvernement prévoit également 2,3 milliards USD pour le logement et la future Banque de l’Habitat, ainsi que 750 millions USD pour la lutte contre les érosions et le renforcement de la résilience urbaine.
À l’horizon 2035, le programme ambitionne de faciliter l’accès à des logements décents pour 500 000 ménages, d’adopter 26 plans directeurs d’urbanisme et de constituer 62 000 hectares de réserves foncières.
Rapporté au déficit actuel de quatre millions de logements, l’objectif relatif aux 500 000 ménages représente un ordre de grandeur de 12,5 %. Il témoigne de l’ampleur des besoins qui subsisteraient, même en cas d’exécution intégrale du programme.
Concernant les services essentiels, le gouvernement vise un taux d’accès urbain à l’eau potable de 80 % et à l’électricité de 75 %, soit des améliorations respectives de 28 et 30 points de pourcentage.
La mobilisation des financements, principale condition de réalisation
Pour soutenir ces investissements, le gouvernement privilégie une combinaison de financements publics, privés et internationaux.
Le dispositif présenté prévoit notamment six milliards USD provenant des partenariats public-privé, 5,6 milliards des bailleurs de fonds et deux milliards du Trésor public pour les infrastructures et l’urbanisme.
Ces montants constituent toutefois des prévisions de mobilisation et non des ressources intégralement disponibles.
La préparation technique représente également une étape déterminante. Neuf villes pilotes ont été retenues : Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kolwezi, Kananga, Tshikapa, Likasi et Matadi.
Les études envisagées devront préciser les besoins prioritaires, les coûts des infrastructures et les mécanismes de financement adaptés.
En parallèle, la future Banque de l’Habitat devrait contribuer au financement immobilier, tandis que la digitalisation des permis de construire vise à simplifier les démarches administratives.
Sur le plan économique, la réalisation de ces investissements pourrait stimuler les activités du bâtiment, des travaux publics et des services urbains, tout en améliorant les conditions d’implantation des entreprises.
DecryptEco | RDC & Afrique
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