Accueil Finance RDC : 3 790,2 milliards de CDF mobilisés à fin septembre 2026, soit 91,2 % des prévisions budgétaires
Finance

RDC : 3 790,2 milliards de CDF mobilisés à fin septembre 2026, soit 91,2 % des prévisions budgétaires

Partager
Partager
  • Les régies financières ont enregistré un manque à gagner de 368 milliards de CDF, malgré une mobilisation importante des recettes fiscales.

  • Les dépenses publiques ont atteint 4 053,5 milliards de CDF, dont 1 485,2 milliards consacrés aux rémunérations, portant le déficit de trésorerie à 263,3 milliards de CDF.

La République démocratique du Congo a mobilisé 3 790,2 milliards de francs congolais (CDF), équivalant à environ 1,7 milliard USD, au titre des recettes publiques de septembre 2026, contre des prévisions établies à 4 158,2 milliards de CDF.

Selon la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo (BCC) du 2 octobre 2026, ce résultat correspond à un taux de réalisation de 91,2 %, laissant apparaître un déficit de mobilisation de 368 milliards de CDF.

Cette contre-performance intervient pourtant durant une période marquée par le paiement du deuxième acompte provisionnel de l’impôt sur les bénéfices et profits, une échéance importante dans le calendrier fiscal congolais.

Dans la répartition des ressources collectées, la Direction générale des impôts (DGI) conserve une position dominante avec 2 556,4 milliards de CDF, représentant 67,4 % des recettes.

Elle est suivie de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui a mobilisé 786,6 milliards de CDF, soit 20,8 %, et de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), avec 447,2 milliards de CDF, correspondant à 11,8 %.

Cette concentration des recettes au niveau de la DGI illustre le poids de la fiscalité intérieure dans le financement de l’État.

Elle traduit également la nécessité d’élargir l’assiette fiscale, notamment par une meilleure identification des contribuables et un renforcement du recouvrement.

La mobilisation demeure néanmoins contrastée. Si les recettes du commerce extérieur ont dépassé leurs objectifs, les impôts directs et indirects ainsi que les recettes non fiscales sont restés en dessous des assignations.

Des dépenses salariales supérieures aux prévisions

Parallèlement, le Gouvernement a exécuté 4 053,5 milliards de CDF de dépenses, contre une programmation de 4 441,1 milliards, correspondant à un taux d’exécution de 91,3 %.

Les rémunérations des agents et fonctionnaires publics ont absorbé 1 485,2 milliards de CDF, soit près de 36,6 % des dépenses exécutées. Ce montant dépasse de 39,2 % les prévisions salariales du mois.

Les frais financiers ont, pour leur part, représenté 68,5 milliards de CDF.

La différence entre les recettes collectées et les dépenses exécutées fait apparaître un déficit de trésorerie de 263,3 milliards de CDF, inférieur de 19,6 milliards aux prévisions initiales.

Cette amélioration relative ne résulte pas d’un dépassement des objectifs fiscaux. Elle s’explique principalement par des décaissements inférieurs de 387,6 milliards de CDF aux montants programmés.

Sur le plan économique, cette situation met en évidence la nécessité de maîtriser simultanément la collecte des recettes et l’évolution des dépenses courantes.

Dans son analyse des finances publiques congolaises publiée en mars 2026, le Centre de recherches en finances publiques et développement local (CREFDL) alertait déjà sur le poids des rémunérations, estimées à 39,19 % des recettes internes prévues pour l’ensemble de l’exercice 2026.

Une préoccupation également relevée par les experts du Fonds monétaire international (FMI). Lors de la troisième revue de son programme avec la RDC, conclue le 30 juin 2026, l’institution a recommandé de renforcer la mobilisation des recettes intérieures, de maîtriser la masse salariale et d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques.

Pour les finances congolaises, la difficulté demeure donc double : accroître durablement les ressources propres de l’État tout en préservant des marges suffisantes pour financer les infrastructures, les services sociaux et les investissements productifs.

Les résultats de septembre rappellent ainsi qu’un déficit de trésorerie inférieur aux prévisions ne traduit pas nécessairement une amélioration de la mobilisation fiscale.

La solidité des finances publiques dépend aussi de la régularité des recettes et de la capacité de l’État à financer ses priorités sans compromettre ses équilibres budgétaires.

DecryptEco | RDC & Afrique

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *