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Implantation anarchique des stations-service en RDC : l’État prépare un durcissement des contrôles

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  • Un projet d’arrêté prévoit une autorisation technique préalable à toute nouvelle construction.

  • Le dispositif vise la sécurité des riverains et le respect des mêmes exigences par les opérateurs.

Le ministère des Hydrocarbures prépare un encadrement plus strict de l’implantation des stations-service en République démocratique du Congo. Ce 30 septembre 2026, à Kinshasa, la ministre d’État Acacia Bandubola Mbongo a présenté un projet d’arrêté aux dirigeants de Cobil, d’Engen et de TotalEnergies.

Le texte vise à mieux contrôler les emplacements et les conditions d’exploitation de ces installations.

Le dispositif annoncé prévoit une autorisation technique de l’administration des Hydrocarbures avant toute nouvelle construction. Des techniciens devront vérifier les distances de sécurité, l’environnement du site et la proximité des habitations.

L’intérêt est d’intervenir avant que l’investissement soit engagé, lorsque les risques peuvent encore être corrigés par le choix du terrain ou la conception des installations.

Placide Mutabunga, directeur général de Cobil, dénonce notamment des stations construites côte à côte ou face à face. Il accueille favorablement une vérification préalable des emplacements.

La proximité entre concurrents ne suffit cependant pas, à elle seule, à établir un danger : l’évaluation technique doit apprécier les risques propres à chaque site.

Les références internationales éclairent cette démarche. Les directives du Groupe de la Banque mondiale consacrées aux réseaux pétroliers recommandent notamment des réservoirs conformes aux normes, des dispositifs de détection des fuites et des protections contre les débordements.

Elles soulignent que les rejets de carburant peuvent affecter les sols, les ressources en eau et les bâtiments voisins. La sécurité exige donc aussi des équipements adaptés et entretenus.

La question est également économique. Moussa Konaté, directeur général d’Engen RDC, oppose l’exemple d’une station conforme coûtant 2 millions USD à une installation de 200 000 USD ne respectant pas les règles.

Ces montants illustrent son argument ; ils ne constituent pas une estimation générale des coûts du secteur.

Le mécanisme est simple : un opérateur qui évite certaines dépenses de sécurité réduit artificiellement ses charges, tout en exposant les riverains aux conséquences d’un accident. Appliquer des exigences communes peut rééquilibrer la concurrence et protéger les investissements conformes.

Cheick Omar Diallo, directeur général de TotalEnergies RDC, associe ainsi règles claires, sécurité publique et développement du réseau. Pour un investisseur, connaître les critères d’autorisation permet de mieux préparer son projet et d’anticiper ses dépenses.

Le texte reste toutefois un projet, dont la signature est annoncée prochainement. Les informations communiquées ne précisent ni les distances minimales, ni les sanctions, ni le traitement des stations existantes.

Ces dispositions devront rendre les contrôles prévisibles et applicables à tous, afin que chaque installation supporte effectivement le coût de sa sécurité.

DecryptEco | RDC & Afrique

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