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RDC : l’USTDA s’associe à Buenassa pour financer l’étude d’une raffinerie de cuivre et de cobalt

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  • L’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) et Buenassa Resources ont signé, le 23 septembre à New York, un accord pour financer l’étude de préfaisabilité d’une raffinerie de cuivre et de cobalt dans le Lualaba. L’étude doit préciser l’approvisionnement en minerais, la conception technique et la viabilité économique et financière du projet.

  • – Buenassa vise, dans une première phase, 30 000 tonnes de cuivre et 5 000 tonnes de cobalt par an, avant une montée à 120 000 et 20 000 tonnes.

L’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) et Buenassa Resources ont formalisé, le 23 septembre 2026 à New York, leur coopération autour du projet de raffinerie de cuivre et de cobalt prévu dans la province du Lualaba.

L’accord porte à ce stade sur le financement d’une étude de préfaisabilité, étape destinée à déterminer les conditions techniques, économiques et financières dans lesquelles l’installation pourrait être développée.

Concrètement, l’étude devra identifier les fournisseurs potentiels de matières premières, élaborer la conception technique de la raffinerie et préciser les paramètres économiques nécessaires à sa viabilité à long terme.

Elle devrait donc répondre à une question centrale : le projet peut-il disposer durablement de suffisamment de cuivre et de cobalt, être construit à un coût soutenable et trouver les financements nécessaires à son exploitation ?

Les ambitions industrielles déjà présentées par Buenassa donnent toutefois une idée de l’échelle recherchée. La première phase, évaluée par l’entreprise à environ 700 millions USD, vise une production annuelle de 30 000 tonnes de cathodes de cuivre de qualité LME et 5 000 tonnes de cobalt.

Une deuxième phase, estimée à 1,3 milliard USD, porterait les capacités à 120 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an.

Ces montants et capacités restent des objectifs du promoteur susceptibles d’être affinés par les études.

L’ordre de grandeur devient plus parlant lorsqu’il est rapproché de la production nationale. L’Institut national de la statistique chiffre à 3,407 millions de tonnes la production congolaise de cuivre en 2025 et à 201 000 tonnes celle de cobalt.

La première phase de Buenassa équivaudrait donc à environ 0,9 % de la production annuelle de cuivre et 2,5 % de celle de cobalt. À pleine capacité annoncée, ces proportions monteraient respectivement à près de 3,5 % et 10 %.

Le projet intervient surtout dans une chaîne mondiale où la RDC domine l’extraction du cobalt sans occuper la même position dans son raffinage avancé.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la Chine transforme plus de 70 % du cobalt mondial, tandis qu’environ deux tiers de l’extraction minière proviennent de RDC.

Cette concentration explique pourquoi les États-Unis et d’autres économies cherchent à diversifier leurs circuits d’approvisionnement en minerais critiques.

« Le cuivre et le cobalt figurent parmi les minerais les plus essentiels pour garantir que les États-Unis restent un leader mondial dans les secteurs de la technologie et de la défense », a déclaré Thomas R. Hardy, directeur adjoint de l’USTDA.

Pour Washington, le partenariat devrait aussi élargir l’accès des entreprises américaines aux chaînes d’approvisionnement en minerais critiques.

Kinshasa y voit pour sa part un outil de transformation locale. « En tant que premier producteur mondial de cobalt et premier producteur africain de cuivre, la République démocratique du Congo est déterminée à devenir un centre mondial de valorisation des minerais critiques », a déclaré le ministre d’État chargé de l’Industrie, Justin Kalumba.

Il présente la raffinerie Buenassa comme un projet appelé à relier davantage l’industrialisation congolaise au corridor de Lobito et aux marchés atlantiques.

Eddy Kioni inscrit également le projet dans cette logique de diversification des chaînes d’approvisionnement. « Buenassa est fière d’être la première entreprise congolaise à capitaux privés à traduire cette vision bilatérale en une raffinerie de cuivre et de cobalt de classe mondiale », a déclaré le fondateur et directeur général de Buenassa.

Il estime que le partenariat doit permettre à l’entreprise de se positionner comme fournisseur de minerais transformés destinés notamment aux secteurs de la défense, de l’aérospatiale et de l’énergie.

La société avait déjà obtenu en 2023 une subvention de 3,5 millions USD du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) pour financer les premiers travaux de préparation.

L’État congolais est ensuite entré comme partenaire stratégique dans Buenassa Resources, tandis que le projet poursuit sa structuration technique et financière.

La transformation locale peut accroître la valeur captée sur le territoire congolais, mais elle suppose aussi des approvisionnements sécurisés, de l’électricité disponible, des infrastructures et plusieurs centaines de millions de dollars de capitaux.

La Banque mondiale a notamment identifié l’accès à une énergie suffisante comme l’une des contraintes à une transformation plus poussée du cobalt en RDC.

À ce stade, l’apport américain finance donc avant tout la réduction de ces incertitudes : la construction ne pourra être décidée qu’une fois le modèle industriel et financier suffisamment établi.

DecryptEco | RDC & Afrique

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