Les principaux minerais exportés par la République démocratique du Congo enregistrent une nouvelle hausse sur les marchés internationaux, selon les projections de la Commission nationale des mercuriales pour la semaine du 6 au 11 avril 2026.
L’étain se distingue particulièrement. Son prix est attendu à 45.815 USD la tonne, contre 43.774 USD la semaine précédente, soit une augmentation de plus de 2.000 USD en une semaine. Cette progression confirme une tendance haussière observée sur plusieurs matières premières.
Le cuivre, premier produit d’exportation du pays, suit la même trajectoire. Son prix devrait atteindre 12.143 USD la tonne, en hausse par rapport à la semaine précédente. L’or, de son côté, amorce une légère reprise à 150,65 USD le gramme, après avoir connu des fluctuations à la baisse au mois de mars.
Le cobalt, autre ressource stratégique pour la RDC, reste globalement stable mais s’inscrit dans une tendance haussière, avec un prix autour de 55.607 USD la tonne. D’autres minerais, comme le tantale et le zinc, affichent également des progressions notables.
Cette évolution des prix intervient dans un contexte de production soutenue. En 2025, la RDC a produit plus de 3,5 millions de tonnes de cuivre. La production d’or a également progressé, atteignant plus de 28 tonnes, avec des exportations estimées à plus de 2,2 milliards USD. Le cobalt, dont le pays est le premier producteur mondial, a dépassé les 44.000 tonnes.
Ces performances confirment le rôle central du secteur minier dans l’économie congolaise. La hausse des prix constitue une opportunité pour le pays, car elle peut entraîner une augmentation des recettes d’exportation et, indirectement, des revenus publics.
Cependant, cette situation met également en lumière une réalité bien connue : l’économie congolaise reste fortement dépendante des matières premières. Les recettes générées dépendent largement de l’évolution des prix sur les marchés internationaux, sur lesquels le pays n’a qu’un contrôle limité.
Pour plusieurs experts, l’enjeu dépasse la simple hausse des prix. « La RDC bénéficie des fluctuations favorables du marché, mais cette dynamique reste fragile. La véritable transformation économique passera par la valorisation locale des ressources », expliquent-ils.
Autrement dit, tant que les minerais sont exportés à l’état brut, le pays capte une part limitée de la richesse qu’il produit.
La hausse actuelle des prix constitue donc une opportunité, mais elle pose une question essentielle : comment transformer cette richesse en développement durable ?
C’est sur cette capacité à valoriser ses ressources que se jouera, à long terme, la performance économique de la République démocratique du Congo.
DecryptEco
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