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RDC : Kamoa-Kakula produit 1 600 t/j d’acide sulfurique, face à une flambée des prix sur le Copperbelt

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La centrale de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, produit actuellement 1 600 tonnes d’acide sulfurique par jour, destinées aux opérations minières locales pour le traitement des oxydes de cuivre. Cet acide, vendu entre 470 et 500 dollars la tonne, est devenu un intrant critique pour de nombreux producteurs du Copperbelt, qui en dépendent pour lixivier le cuivre de leurs minerais oxydés. L’information a été confirmée par Robert Friedland, président fondateur d’Ivanhoe Mines, société mère canadienne de Kamoa-Kakula, dans une annonce faite sur X, le lundi 23 mars 2026.

Ironie du marché : le cuivre extrait par Kamoa-Kakula est de type sulfureux et n’utilise donc pas d’acide dans ses procédés. L’entreprise se positionne ainsi comme un fournisseur stratégique pour ses voisins, tout en restant indépendante de la flambée des coûts. Selon le président fondateur Robert Friedland, la semaine passée a été marquée par une hausse notable des prix de l’acide, conséquence directe de la rareté du soufre importé via le détroit d’Hormuz, par lequel transitent jusqu’à 80 % des volumes destinés au Copperbelt.

Les experts du secteur minier soulignent la vulnérabilité de la chaîne logistique : toute perturbation dans le flux de soufre pourrait accentuer la tension sur les prix, avec un impact direct sur la rentabilité des mines de cuivre oxydé de la région. La situation illustre également un paradoxe : un producteur de cuivre sulfureux devient un acteur clé dans l’approvisionnement en acide sulfurique d’un marché voisin.

Dans ce contexte, Kamoa-Kakula consolide sa position de fournisseur incontournable, tandis que les analystes appellent à anticiper les contraintes d’approvisionnement et à sécuriser des alternatives logistiques pour stabiliser le coût de cet intrant essentiel. Le marché du Copperbelt se trouve ainsi à un point de bascule où la disponibilité de l’acide sulfurique pourrait déterminer la capacité de production de cuivre oxydé pour les mois à venir.

DecryptEco

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