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Le Sénat congolais a adopté, mercredi 21 octobre 2026 à Kinshasa, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance-loi sur l’organisation de l’activité statistique. Les 73 sénateurs ayant participé au vote se sont prononcés en faveur du texte.
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Composée de 95 articles, cette réforme vise à moderniser la production des statistiques officielles, dans la perspective du deuxième recensement général de la population. Sa portée effective reposera notamment sur le financement des opérations, l’indépendance des statisticiens et la publication régulière de données fiables.
La République démocratique du Congo (RDC) poursuit la modernisation de son cadre juridique en matière de statistiques publiques. Le Sénat a adopté, mercredi 21 octobre 2026 à Kinshasa, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance-loi relative à l’organisation de l’activité statistique. Les 73 sénateurs présents au vote ont approuvé le texte, désormais appelé à être transmis à l’Assemblée nationale.

Présentée par le ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, cette réforme repose sur l’ordonnance-loi n° 26/015 du 7 septembre 2026, composée de 95 articles.
Elle établit les règles encadrant la production, la diffusion et la conservation des statistiques officielles, tout en organisant la coordination et le financement du système statistique national.
Le dispositif consacre plusieurs principes fondamentaux, notamment l’indépendance professionnelle des statisticiens, l’impartialité des résultats, leur qualité et la confidentialité des informations individuelles.
Il prévoit également des garanties contre l’utilisation abusive des données recueillies à des fins statistiques, particulièrement lorsqu’elles pourraient servir à des sanctions individuelles, en dehors des exceptions prévues par la législation.
« Cette loi permettra à notre pays de disposer d’un cadre solide pour produire les données nécessaires à une planification rigoureuse et à des décisions publiques mieux éclairées », a déclaré Guylain Nyembo.
Au-delà de sa portée juridique, cette réforme répond à une faiblesse structurelle de la planification publique congolaise : l’insuffisance de données actualisées permettant d’évaluer précisément les besoins de la population.
En effet, construire des écoles, répartir les infrastructures sanitaires ou programmer les investissements publics exige de connaître la population concernée, sa localisation et ses caractéristiques socioéconomiques.
Cette exigence prend une dimension particulière dans la préparation du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), quarante-deux ans après la dernière opération scientifique réalisée en 1984.
La réforme intervient alors que les préparatifs opérationnels ont commencé. En septembre 2026, l’UNICEF et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) confirmaient notamment le lancement des travaux de cartographie censitaire.
Le budget global du recensement, estimé à 192 millions USD, pose néanmoins la question du financement effectif et du suivi des ressources mobilisées.
L’adoption d’un cadre juridique commun constitue ainsi une évolution institutionnelle favorable. Elle ne garantit cependant pas, à elle seule, l’amélioration de la qualité des statistiques nationales.
Les Principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations unies rappellent notamment que l’indépendance professionnelle devrait s’accompagner de garanties institutionnelles concrètes, de compétences techniques et d’une diffusion impartiale des résultats.
Pour la RDC, le véritable changement devra donc se mesurer dans les faits. Il supposera des financements réguliers, des statisticiens suffisamment formés, des équipements adaptés et une meilleure coordination entre les administrations centrales et provinciales.
L’enjeu sera également de rendre les statistiques accessibles aux chercheurs, aux entreprises, aux médias et aux citoyens, plutôt que de limiter leur utilisation aux seules administrations publiques.
La prochaine étape parlementaire sera l’examen du texte par l’Assemblée nationale. Sur le terrain, les résultats les plus significatifs seront la réalisation effective du RGPH-2, la régularité des enquêtes nationales et la publication de données vérifiables permettant d’orienter et d’évaluer les politiques publiques.
DécryptEco | RDC & Afrique
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