- Une délégation chinoise conduite par Zhao Bin, ambassadeur de Chine en République démocratique du Congo, a effectué le dimanche 17 mai 2026 une visite technique sur le chantier du port en eaux profondes de Banana, dans la province du Kongo Central.
- Cette mission intervient dans un contexte de consolidation des relations économiques entre Kinshasa et Pékin autour des infrastructures stratégiques, alors que la RDC accélère plusieurs projets logistiques destinés à renforcer son intégration au commerce maritime international.
Le chantier du port en eaux profondes de Banana continue de s’imposer comme l’un des projets d’infrastructures les plus structurants de la République démocratique du Congo.
Dimanche dernier, une importante délégation chinoise conduite par Zhao Bin, ambassadeur de Chine en RDC, s’est rendue sur le site du futur complexe portuaire situé à Banana, dans le territoire de Moanda, province du Kongo Central.
Cette visite s’inscrit dans le cadre du suivi des projets de coopération sino-congolaise et du renforcement des échanges économiques entre Pékin et Kinshasa, dans un environnement marqué par la montée des investissements liés aux infrastructures, aux corridors logistiques et aux minerais stratégiques.
La délégation a notamment été accompagnée par des responsables provinciaux de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), des représentants de la Direction générale des partenariats public-privé (DGPPP), de la mission de contrôle ainsi que des équipes techniques de DP World, le groupe émirati chargé du développement du port.
Selon les responsables du projet, plusieurs opérations techniques sont actuellement en cours sur le chantier, notamment les travaux de dragage, l’aménagement des infrastructures portuaires et les premières installations logistiques.
Le projet de Banana constitue un enjeu stratégique majeur pour la RDC, qui dépend encore largement des infrastructures portuaires étrangères pour une partie importante de son commerce maritime.
Aujourd’hui, une grande partie des flux commerciaux congolais transitent encore via les ports de Pointe-Noire au Congo-Brazzaville, Durban en Afrique du Sud ou Walvis Bay en Namibie, générant des coûts logistiques élevés et des délais supplémentaires pour les importateurs et exportateurs congolais.
À terme, le port de Banana doit permettre à la RDC de disposer de sa première véritable infrastructure maritime en eaux profondes capable d’accueillir directement les grands navires porte-conteneurs internationaux.
Selon les données communiquées par DP World et les autorités congolaises, la première phase du projet prévoit un quai de 600 à 700 mètres, une capacité annuelle de traitement de 450.000 conteneurs EVP ainsi qu’une zone logistique d’environ 30 hectares.
Le projet représente un investissement global estimé à environ 1,3 milliard de dollars et devrait être développé progressivement en plusieurs phases.
D’après plusieurs projections économiques relayées par les partenaires du projet, le port pourrait générer plus d’un milliard de dollars d’échanges commerciaux supplémentaires par an et soutenir des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects.
Kinshasa considère aujourd’hui Banana comme un levier central de transformation logistique et de souveraineté économique.
Le gouvernement espère notamment réduire la dépendance extérieure de la RDC en matière d’accès maritime, fluidifier les exportations minières et améliorer la compétitivité du pays dans les échanges régionaux et internationaux.
Pour plusieurs spécialistes des infrastructures africaines, le succès du projet dépendra toutefois de la capacité des autorités à moderniser simultanément les connexions routières, ferroviaires et énergétiques autour du corridor de Banana.
À moyen terme, plusieurs analystes estiment que le futur port pourrait devenir l’un des principaux hubs logistiques de la façade atlantique d’Afrique centrale, compte tenu du poids minier de la RDC et de son marché intérieur de plus de 100 millions d’habitants.
La visite de la délégation chinoise illustre également l’importance croissante de la coopération économique entre Pékin et Kinshasa dans les secteurs liés aux infrastructures stratégiques, aux mines et au commerce régional.
Depuis plus de deux décennies, la Chine s’est imposée comme l’un des principaux partenaires économiques de la RDC, notamment à travers les investissements dans les routes, les barrages hydroélectriques, les infrastructures publiques et les projets miniers.
Le port de Banana apparaît désormais comme l’un des symboles de cette nouvelle phase de coopération économique centrée sur les infrastructures structurantes et la transformation logistique du pays.
DecryptEco
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