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RDC : Tshisekedi impulse un partenariat avec Al Barid Bank pour accélérer la bancarisation

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Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a reçu, le mardi 31 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine, Al-Amine Nejjar, responsable de Al Barid Bank, pour un échange centré sur le développement de la bancarisation et de l’inclusion financière en République démocratique du Congo.

Portée en coordination avec le ministère de l’Économie nationale, cette initiative s’inscrit dans un cadre de coopération renforcée avec le Maroc. Elle vise à élargir l’accès aux services financiers, notamment dans les zones encore largement exclues du système bancaire formel. Une évaluation technique du projet est annoncée dans les prochaines étapes, signe d’une volonté de structurer une réponse durable aux défis d’inclusion.

Un système bancaire en croissance, mais concentré

Selon les données de la Banque centrale du Congo, compilées par DecryptEco, l’encours global des dépôts bancaires s’est établi à 16,241 milliards USD à fin décembre 2025. Une progression significative, qui traduit un certain dynamisme du secteur. Mais cette croissance masque une forte concentration géographique.

À elles seules, Kinshasa et la province du Haut-Katanga captent 88,1 % des dépôts, soit 14,307 milliards USD. Le reste du territoire, composé de 24 provinces, ne se partage que 11,9 % de l’épargne bancaire nationale.

En moyenne, cela représente à peine 0,5 % des dépôts par province. Une dispersion extrêmement faible qui illustre le déséquilibre territorial du système financier congolais.

Moins de 10 % de la population bancarisée

Sur le plan de l’inclusion financière, les indicateurs restent faibles. Sur une population estimée à près de 100 millions d’habitants, seuls 9 millions de Congolais disposent d’un compte bancaire, soit moins de 10 %.

Le réseau bancaire demeure également limité : environ 360 agences sont réparties sur l’ensemble du territoire. Cela correspond à une moyenne de 16 667 clients par agence, un ratio qui met en évidence une forte pression sur les infrastructures existantes et une faible capillarité du système bancaire.

Une dynamique du crédit, mais ciblée

L’encours brut des crédits atteint 10,266 milliards USD, en hausse de 20,2 % sur un an. Les petites et moyennes entreprises (PME) concentrent 39,2 % des financements, devant les secteurs du commerce et de l’industrie extractive.

Cette dynamique confirme une expansion de l’activité bancaire. Toutefois, elle reste largement circonscrite aux principaux pôles économiques, en cohérence avec la concentration des dépôts.

Un enjeu structurel pour la politique économique

Pour les analystes financiers, cette configuration constitue un risque structurel. La dépendance à deux centres économiques majeurs expose le système bancaire à des chocs localisés et limite la diversification des ressources.

Au-delà de la croissance des agrégats, la question centrale demeure celle de la diffusion territoriale des services financiers. L’économie bancaire congolaise évolue aujourd’hui à deux vitesses : un noyau fortement intégré et un vaste arrière-pays sous-desservi.

Dans ce contexte, le partenariat envisagé avec Al Barid Bank pourrait constituer un levier stratégique. En s’appuyant sur des modèles éprouvés de bancarisation de masse, notamment via les services postaux et digitaux, il pourrait contribuer à élargir la base financière et à mieux irriguer l’économie nationale, notent les experts du secteur.

Pour ces derniers, l’enjeu reste à ce niveau à transformer cette croissance concentrée en un développement inclusif, capable de soutenir durablement l’activité économique sur l’ensemble du territoire.

DecryptEco

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