La production d’électricité recule, mais la machine économique, elle, continue d’avancer. En 2024, la RDC a enregistré une baisse de 0,4 % de sa production électrique, plombée notamment par l’arrêt technique du groupe G25 de la centrale d’Inga II. Un signal d’alerte dans un pays où l’énergie constitue le socle du développement industriel. C’est ce qui ressort du nouveau rapport annuel de la Banque Centrale du Congo, récemment publié.
Et pourtant, dans le même temps, note la source, la consommation d’électricité a bondi de 18,2 %, portée par l’essor des activités industrielles, notamment dans la zone économique spéciale de Maluku. Un paradoxe révélateur des tensions structurelles qui traversent l’économie congolaise.
Derrière cette fragilité énergétique, le secteur tertiaire confirme son rôle de moteur. En 2024, sa valeur ajoutée progresse, tirée par des branches clés. Les « Transports et télécommunications » affichent une croissance de 3,6 %, contre 3,0 % un an plus tôt, contribuant à hauteur de 1,2 point à la croissance globale. Même dynamique du côté du « Commerce », en hausse de 2,8 %, avec une contribution stable à 0,3 point.
Plus encore, la branche « Transports et télécommunications » accélère sensiblement, avec une progression de 6,4 % contre 4,4 % en 2023, confirmant une transformation progressive de l’économie vers les services.
Pour de nombreux experts, ces performances traduisent une résilience réelle de l’économie congolaise. Le dynamisme du tertiaire, conjugué à l’augmentation de la consommation énergétique, témoigne d’une demande interne en expansion et d’un tissu économique en mutation.
Mais cet optimisme reste mesuré. Car la baisse de la production électrique met en lumière une faille structurelle majeure : l’insuffisance et la vulnérabilité des infrastructures énergétiques. Dans un contexte de montée en puissance industrielle, ce déséquilibre entre offre et demande d’électricité pourrait rapidement devenir un goulot d’étranglement.
Les analystes s’accordent sur un point : la RDC se trouve à un tournant. D’un côté, les signaux sont au vert, croissance des services, intensification de l’activité économique, montée de la consommation. De l’autre, les contraintes techniques et structurelles rappellent la fragilité de ce modèle.
Pour consolider cette trajectoire, plusieurs leviers apparaissent prioritaires : investir massivement dans les infrastructures énergétiques, sécuriser les capacités de production, et améliorer la gouvernance des grands équipements stratégiques. À cela s’ajoute la nécessité de mieux articuler politique industrielle et politique énergétique.
DecryptEco
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