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RDC : le gouvernement évalue à 90 % l’exécution du plan du GAFI, cap maintenu vers la sortie de la liste grise

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La République démocratique du Congo accélère sa marche vers la conformité financière internationale. Réuni, le jeudi 19 mars 2023 au Fleuve Congo Hotel, autour du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, le comité de pilotage du plan d’actions du Groupe d’action financière a dressé un bilan solide : 20 actions réalisées sur 23, soit près de 90 % d’exécution.

Autour de la table, une architecture institutionnelle mobilisée : le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, la vice-ministre des Finances, Gracia Yamba, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, ainsi que les organes techniques comme la CENAREF. Une coalition élargie, à la mesure de l’enjeu : sortir durablement de la « liste grise ».

Sur le fond, les avancées sont tangibles : arsenal juridique renforcé, montée en puissance des enquêtes sur le blanchiment de capitaux, et supervision financière désormais orientée vers une logique de risques. Autrement dit, le pays ne se contente plus d’afficher des normes, il cherche à en démontrer l’efficacité.

À première vue, les analystes saluent la méthode. En s’attaquant simultanément aux textes, aux institutions et aux pratiques, le gouvernement congolais adopte une approche systémique, rarement atteinte dans les précédentes réformes. Cette cohérence renforce la crédibilité du pays auprès des partenaires internationaux et des investisseurs.

Mais au-delà des indicateurs macroéconomiques, une autre lecture s’impose. Car la lutte contre les flux financiers illicites ne relève pas seulement de la conformité : elle touche directement au développement durable. En asséchant les circuits de blanchiment, l’État protège ses ressources, sécurise ses recettes et crée les conditions d’un financement plus sain de ses politiques publiques.

C’est là que réside le tournant. Longtemps perçue comme une contrainte imposée de l’extérieur, la conformité aux standards du GAFI devient, dans le cas congolais, un levier de transformation interne. Une fiscalité mieux sécurisée, des institutions plus transparentes, une économie plus formalisée : autant de facteurs qui redessinent les perspectives de croissance.

Reste désormais une dernière ligne droite. Trois actions à finaliser, mais surtout un défi majeur, celui de transformer l’essai en résultats durables. Car, préviennent les experts, sortir de la liste grise est une étape. Y rester hors en est une autre.

DecryptEco

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