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La députée nationale Hermione Bolumbe Bakando demande au ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, de rendre compte de l’utilisation de 29,6 millions USD décaissés par la Banque africaine de développement (BAD).
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Cette démarche vise à établir le nombre de jeunes effectivement financés, les entreprises agricoles créées et le niveau d’exécution du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB), initialement appelé à s’achever en décembre 2025.
La gestion des financements destinés à l’entrepreneuriat agricole des jeunes en République démocratique du Congo (RDC) fait l’objet d’une procédure de contrôle parlementaire.
La députée nationale Hermione Bolumbe Bakando a saisi l’Assemblée nationale d’une question orale avec débat adressée au ministre d’État chargé de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi.

Déposée le 23 mars 2026, cette initiative porte sur l’exécution du Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB), financé principalement par la Banque africaine de développement (BAD).
Au centre des préoccupations de l’élue figure un montant de 29,6 millions de dollars américains, présenté dans sa question comme ayant déjà été décaissé par la BAD, sur la base d’un rapport de juin 2025.
Hermione Bolumbe demande au Gouvernement de préciser l’affectation de ces ressources, les dépenses effectivement réalisées et les résultats obtenus auprès des jeunes entrepreneurs agricoles.
Un décaissement représente une somme mise à disposition pour financer les activités d’un projet. Il ne signifie pas nécessairement que l’intégralité du montant a été directement distribuée aux bénéficiaires.
Cette distinction est essentielle pour apprécier la gestion du PEJAB, dont les ressources couvrent notamment la formation, l’accompagnement entrepreneurial, les dispositifs de financement et le fonctionnement des structures d’exécution.
Approuvé en décembre 2016, le programme bénéficie d’un prêt du Fonds africain de développement (FAD), guichet concessionnel du Groupe de la BAD, de 40 millions d’unités de compte, représentant environ 55,6 millions USD lors de son approbation.
Le dispositif prévoyait notamment la formation de 6 000 jeunes diplômés et l’accompagnement à la création de 2 000 entreprises agricoles, à travers des centres d’incubation chargés de transformer les projets des bénéficiaires en activités économiques opérationnelles.
L’interpellation parlementaire concerne particulièrement les résultats de ce mécanisme.
La députée réclame des données précises sur le nombre de jeunes formés, les financements individuels accordés et les entreprises effectivement créées.
Elle souhaite également connaître le nombre de structures disposant de documents légaux dans chaque centre d’incubation.
Ces informations permettront notamment de distinguer les jeunes ayant bénéficié d’une formation de ceux ayant réellement obtenu un financement pour lancer leur activité.
Hermione Bolumbe sollicite également des précisions sur la contribution financière de l’État congolais, évaluée à un million USD dans sa question, ainsi que sur son utilisation.
L’évaluation demandée concerne aussi les retombées sociales du programme dans les huit provinces pilotes, notamment en matière de création d’emplois et d’insertion professionnelle.
En juin 2026, la BAD a publié un rapport d’achèvement du PEJAB. Ce document constitue une référence supplémentaire pour examiner les résultats du programme et les confronter aux explications attendues du Gouvernement.
La question orale avec débat constitue un mécanisme de contrôle parlementaire permettant à un député d’obtenir des explications d’un responsable gouvernemental, éventuellement suivies d’échanges en séance plénière.
À ce stade, la procédure engagée ne constitue ni une conclusion d’audit établissant un détournement ni une motion de défiance contre le ministre.
Les réponses attendues devront notamment permettre de rapprocher les 29,6 millions USD de décaissements évoqués des dépenses justifiées, des financements réellement reçus par les jeunes et du nombre d’entreprises agricoles opérationnelles.
DécryptEco | RDC & Afrique
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