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RDC : la BCC rémunérera à 0,5 % les réserves obligatoires en francs

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  • La Banque centrale a décidé de rémunérer les réserves obligatoires constituées sur les dépôts en monnaie nationale.

  • Associée au dégel partiel de la réserve cristallisée, cette mesure modifie les conditions de gestion des ressources bancaires.

Les réserves obligatoires en francs congolais vont procurer un revenu aux banques. Le 08 octobre 2026 à Kolwezi, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo, a décidé de les rémunérer à 0,5 %. Il a également annoncé le dégel d’une partie de la réserve obligatoire cristallisée, tout en maintenant son taux directeur à 12,5 %.

La mesure touche à une composante précise du financement bancaire. Lorsqu’une banque collecte des dépôts, elle doit en conserver une fraction auprès de la BCC.

Ces réserves constituent un instrument de politique monétaire : elles déterminent la part des ressources collectées qui reste immobilisée à la Banque centrale.

Les coefficients demeurent inchangés. Sur les dépôts en francs, la réserve représente 10,5 % des dépôts à vue, contre 0 % des dépôts à terme. Pour les dépôts en devises, les coefficients sont respectivement de 11,5 % et de 10,5 %. La nouveauté porte sur le revenu attaché aux réserves en monnaie nationale.

Pour les établissements concernés, cette rémunération compense une partie du coût des fonds immobilisés. Elle entre dans l’économie de la collecte des dépôts, au même titre que les intérêts servis aux clients et les frais de gestion des comptes. Son bénéficiaire direct est la banque ; les conditions proposées aux épargnants relèvent ensuite de sa politique commerciale.

Cette orientation s’inscrit dans les réformes présentées dans le cadre du programme avec le FMI. Dans un rapport publié en 2025, l’institution associait la rémunération des réserves en monnaie nationale à l’élargissement de l’accès aux services bancaires et à la réduction de la dollarisation financière.

L’enjeu est de rendre la collecte et l’utilisation du franc plus intéressantes pour les intermédiaires financiers.Le dégel partiel de la réserve cristallisée agit sur un autre paramètre : la disponibilité des ressources. Ce stock provient de l’ancien dispositif dans lequel des réserves liées aux dépôts en devises étaient constituées en francs. Son traitement accompagne la réforme des modalités de constitution des réserves bancaires.

La transmission au crédit dépendra de l’utilisation de ces ressources. Une banque disposant de davantage de liquidités peut financer de nouveaux dossiers, renforcer sa trésorerie ou effectuer des placements.

Le choix repose sur le rendement attendu, la qualité des garanties et la capacité de remboursement des emprunteurs.Le contexte bancaire compte donc autant que la décision elle-même. Dans sa note au 2 octobre, la BCC décrivait une liquidité abondante et une forte demande de Bons BCC à court terme.

Pour les entreprises, l’accès au financement dépend aussi de leur capacité à présenter des projets répondant aux critères des prêteurs.Les intérêts versés sur les réserves, les montants dégelés et l’évolution des nouveaux crédits en francs fourniront les premières mesures de la mise en œuvre.

La progression des dépôts en monnaie nationale permettra, sur une période plus longue, d’apprécier son effet sur la collecte bancaire.

DecryptEco | RDC & Afrique

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