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Monde : Accru à 11,6 % du PIB, le coût de la violence a atteint 20 billions USD, la RDC en zone de risque macroéconomique extrême (Rapport)

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Vue aérienne de la mine de coltan de Luwowo, près de Rubaya, dans le Nord-Kivu (2014). © Monusco/Sylvain Liechti
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Dans son nouveau rapport, le Global Peace Index 2025 révèle une nouvelle aggravation du coût global de la violence, estimé à 19,97 billions de dollars en 2024, soit 11,6 % du PIB mondial. À l’échelle planétaire, cela signifie que l’équivalent de plus d’un dixième de la richesse produite sert désormais à absorber les effets de l’insécurité, des conflits et de l’instabilité politique.

Pour la République démocratique du Congo, classée 160ᵉ sur 163, cette tendance n’est pas seulement un constat international : elle représente un risque macroéconomique direct et structurel.

Dans un contexte où les dépenses sécuritaires augmentent plus vite que les recettes, la RDC voit son espace budgétaire se réduire, au détriment des investissements productifs : infrastructures, énergie, réseaux logistiques, diversification industrielle.

Le rapport rappelle que dans les États fragiles, la hausse des dépenses militaires dépasse souvent la capacité de financement interne, une dynamique que l’on observe aujourd’hui dans le budget congolais.

La persistance des tensions à l’Est perturbe les chaînes de valeur minières, pilier de l’économie nationale. Résultat :

  • volatilité des recettes d’exportation,
  • risques accrus pour les investisseurs,
  • pression sur la balance des paiements,
  • incertitude croissante autour des projets d’infrastructures stratégiques.

Le coût du capital augmente, tandis que la prime de risque associée à la RDC reste parmi les plus élevées du continent. Les leviers recommandés par le GPI : une feuille de route pour la RDC Le rapport met en avant plusieurs propositions qui résonnent particulièrement avec les besoins congolais :

  • Renforcement de la paix positive : institutions stables, gouvernance crédible, lutte contre la corruption.
  • Transparence économique accrue, notamment dans les secteurs extractifs.
  • Coopération régionale renforcée pour stabiliser les zones frontalières et les corridors commerciaux.
  • Investissements dans les services publics essentiels pour réduire les facteurs de conflit (éducation, santé, infrastructures locales).
  • Amélioration de la qualité des données, afin de guider les politiques économiques et sécuritaires.

Une décennie décisive

Pour la RDC, la période 2025–2030 sera cruciale : parvenir à stabiliser l’Est, moderniser la gestion des ressources naturelles et sécuriser un climat d’affaires attractif déterminera la capacité du pays à transformer sa croissance minière en développement durable.

Le rapport le souligne en filigrane : l’économie congolaise ne pourra se consolider sans progrès mesurables en matière de paix, de gouvernance et d’intégration régionale.

DecryptEco

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