Sous instruction du Vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, le Comité de suivi a procédé à la révision de la structure tarifaire des carburants afin de l’aligner sur le taux officiel de la Banque Centrale du Congo.
Cette mesure intervient dans un contexte de pression persistante sur le coût de la vie et de volatilité des prix importés. Selon les nouveaux barèmes :
- Zone Ouest : l’essence passe de 2 690 à 2 440 FC, et le gasoil de 2 680 à 2 430 FC.
- Zone Sud : baisse de 401 FC pour l’essence et 418 FC pour le gasoil.
- Zone Est : réduction de 432 FC (essence) et 401 FC (gasoil).
Le gouvernement présente cet ajustement comme un signal fort, destiné à soulager les ménages et les opérateurs économiques qui dépendent fortement du transport.
Pour plusieurs économistes de terrain—habitués aux arbitrages entre inflation importée et pouvoir d’achat, cette baisse ciblée constitue une respiration bienvenue. Elle réduit mécaniquement certains coûts logistiques, limite la spéculation sur les prix des denrées transportées et repositionne le marché sur une référence officielle plutôt que sur les fluctuations informelles du taux de change. Dans une période de fragilité sociale, un geste direct sur les prix visibles, comme le carburant, a souvent un effet psychologique positif, estiment-ils.
D’autres profils plus spécialisés en politiques publiques rappellent que corriger les prix à la pompe sans résoudre les déséquilibres structurels ; dépendance aux importations, volatilité du franc congolais, insuffisance des mécanismes de stabilisation, risque de ne produire qu’un répit momentané. Ainsi, ont-ils insinué, si le taux de la BCC ne reflète pas durablement les réalités du marché de change, les opérateurs pourraient très vite intégrer une nouvelle prime de risque, annulant les gains pour les consommateurs.
Grosso, avancent-ils, Daniel Mukoko Samba réussit un mouvement tactique qui parle à la population, mais le test réel résidera dans la capacité du gouvernement à stabiliser la filière pétrolière et le cadre macroéconomique. Une baisse visible n’est pas encore une victoire durable, mais elle pourrait en marquer le début.
DecryptEco
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