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RDC : l’État veut mieux connaître son sous-sol pour orienter l’exploration et les investissements

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  • Lancé le 5 octobre, le programme de cartographie mobilisera huit aéronefs pendant 36 mois.

  • Les données doivent réduire les incertitudes de l’exploration et renforcer la capacité de décision de l’État.

La République démocratique du Congo engage une nouvelle campagne pour mieux connaître ses ressources souterraines.

Lancé le 5 octobre 2026 à l’aéroport de Ndolo, à Kinshasa, par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, en présence du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, le Programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique (PC2G-RDC) devrait fournir des données permettant de mieux cibler les recherches minières et d’éclairer les choix d’investissement.

Financé par le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN), le programme est exécuté par la société espagnole Xcalibur Multiphysics Group SL. Le Service géologique national du Congo en assure la coordination technique, sous la tutelle du ministère des Mines.

« Nous investissons aujourd’hui dans la connaissance pour réduire demain le coût, le risque et le temps nécessaires à l’exploration », a déclaré le ministre Louis Watum Kabamba.

Une coopération engagée depuis 2017

Ce lancement prolonge plusieurs années de coopération avec Xcalibur. Le contrat initial remonte à 2017, suivi d’avenants en 2019 et 2022, selon les données fournies par le ministère des Mines en décembre 2025. Celui-ci présentait alors la nouvelle phase comme la poursuite technique des travaux précédents.

Des résultats intermédiaires avaient déjà été annoncés. En octobre 2022 par exemple, le Conseil des ministres faisait état de l’achèvement de la collecte et de l’interprétation des images satellites, avant les survols de blocs prioritaires.

Le 29 janvier 2026, le gouvernement a signé un contrat avec Xcalibur Multiphysics Group SL. La première réunion du comité de pilotage, le 23 février, a ensuite organisé le démarrage du programme. La cérémonie d’octobre ouvre la campagne annoncée sur le terrain.

Des avions pour guider les recherches

Pendant 36 mois, huit aéronefs doivent recueillir des données magnétiques, radiométriques, gravimétriques et électromagnétiques. Ces mesures renseignent sur les propriétés physiques des roches et permettent de repérer des structures souterraines susceptibles d’intéresser l’exploration.

Le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu et le Grand Kasaï figurent parmi les zones concernées, dans la continuité des travaux réalisés dans le Grand Katanga.

Les informations seront traitées, interprétées puis complétées par des investigations géologiques au sol.

Le BRGM, service géologique national français, explique que ces méthodes permettent d’étudier rapidement de vastes espaces, y compris difficiles d’accès.

Elles prennent toutefois leur sens lorsqu’elles sont croisées avec les cartes existantes, les observations de terrain et les forages. Une anomalie détectée constitue une piste de recherche, pas la preuve d’un gisement exploitable.

Transformer les données en décisions

L’intérêt économique dépasse la production de cartes. Interrogé par Reuters en septembre dernier, Mark Jessell, spécialiste en géologie et géophysique à l’Université d’Australie-Occidentale, souligne que la maîtrise des données influence les découvertes et les développements miniers futurs.

Jean-Jacques Kayembe Mufwankolo, responsable de l’ITIE en RDC, insiste sur un accès transparent, fondé sur des critères objectifs, pour diversifier les investisseurs et renforcer la position de négociation du pays.

La formation prévue des géologues, techniciens, chercheurs et étudiants congolais devrait permettre de conserver cette capacité d’analyse au sein du pays.

Selon les projections techniques rapportées lors du lancement, la couverture géoscientifique passerait de 22,27 % à 46,1 %, soit un peu plus du double.

Ce chiffre mesure l’étendue du territoire mieux documenté, et non sa richesse minière prouvée. L’aboutissement économique du programme exigera ensuite de vérifier les cibles identifiées et d’établir si leurs ressources peuvent être exploitées dans des conditions rentables et responsables.

DecryptEco | RDC & Afrique

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