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RDC : le gouvernement satisfait aux exigences du GAFI et se rapproche d’une sortie de la liste grise

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  • Le Groupe d’action financière (GAFI) estime que la RDC a substantiellement achevé les 23 réformes prévues dans son plan d’action contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Une mission d’évaluation est attendue à Kinshasa en août, avant une décision finale envisagée en octobre 2026.

  • Au-delà d’une étape réglementaire, une sortie de la liste grise renforcerait la crédibilité financière du pays, allégerait les contraintes de conformité appliquées par les banques internationales et améliorerait progressivement la perception du risque souverain.

La prochaine grande réforme économique de la République démocratique du Congo ne concerne ni une nouvelle loi budgétaire, ni un projet minier. Elle se joue sur un terrain beaucoup plus discret : celui de la confiance financière internationale.

Après près de quatre années de réformes, le pays est désormais à une mission d’évaluation d’une possible sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme chargé de fixer les standards mondiaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Réunie en juin à Paris, sa plénière a estimé que la RDC avait exécuté de manière largement satisfaisante les vingt-trois actions inscrites dans son plan d’action. La dernière étape consistera en une mission d’experts à Kinshasa en août, avant une décision attendue lors de la session d’octobre.

C’est dans ce contexte que la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, s’est adressée au Gouvernement lors de la 93ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 26 juin sous la présidence de Félix Tshisekedi. Elle a salué des « résultats remarquables obtenus en moins de quatre ans », qu’elle attribue à « la cohérence et la continuité de l’État ainsi qu’à l’action réformatrice du Gouvernement », tout en rappelant que la mission d’août devra encore vérifier « l’effectivité et la pérennité des réformes » avant toute décision définitive.

Pour les investisseurs, l’enjeu dépasse largement la conformité réglementaire. L’inscription sur la liste grise conduit les banques internationales à appliquer des procédures de vigilance renforcée aux opérations provenant des pays concernés. Dans la pratique, cela se traduit par des contrôles supplémentaires, des délais de traitement plus longs, des coûts de conformité plus élevés et, parfois, par une réduction des relations de correspondance bancaire. Pour une économie qui dépend largement des financements extérieurs afin de développer ses infrastructures, son secteur énergétique ou son industrie minière, ces contraintes pèsent directement sur le coût des transactions et sur l’accès aux capitaux internationaux.

Si la RDC est aujourd’hui proche d’un retrait de cette liste, c’est parce qu’un important chantier technique a été conduit en parallèle des réformes économiques. Sous la coordination de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), la Task Force nationale a assuré le dialogue avec le GAFI et transmis dix rapports de progrès démontrant la mise en œuvre des engagements pris par les autorités. L’exercice ne consistait pas uniquement à modifier le cadre juridique, mais à démontrer que les mécanismes de supervision, d’enquête, de poursuite et d’exploitation du renseignement financier fonctionnent effectivement.

Le dernier obstacle reste désormais la mission d’évaluation. Conscient de cet enjeu, le Gouvernement a appelé les administrations concernées à maintenir leur mobilisation. Sous la coordination du ministère des Finances, la CENAREF, le Fonds de lutte contre le crime organisé (FOLUCCO) et les autres institutions impliquées préparent cette visite, qui devra convaincre les évaluateurs que les progrès observés ne relèvent pas d’un effort ponctuel mais d’une transformation durable des pratiques.

Cette séquence intervient alors que la Banque centrale du Congo poursuit la modernisation des infrastructures du marché financier. Le déploiement de la plateforme Bloomberg FXGO B-Match sur le marché interbancaire des changes illustre cette volonté d’améliorer la transparence et la traçabilité des transactions. Sans relever directement du processus du GAFI, cette évolution participe à la même dynamique : rapprocher le système financier congolais des standards internationaux et renforcer la confiance des partenaires étrangers.

Une sortie de la liste grise ne transformera pas instantanément le climat des affaires. Les investisseurs continueront d’évaluer la stabilité macroéconomique, la sécurité juridique, la gouvernance publique et la capacité des institutions à appliquer les réformes dans la durée. En revanche, elle supprimerait l’un des facteurs qui alimentaient la perception de risque du pays auprès des établissements financiers internationaux.

Pour une économie engagée dans une compétition croissante pour attirer les capitaux destinés aux infrastructures, aux minerais critiques et à la transition énergétique, cette évolution pourrait avoir une portée qui dépasse largement le secteur financier. Dans les marchés internationaux, la confiance constitue souvent le premier investissement. C’est précisément sur ce terrain que la RDC joue désormais sa dernière carte avant la décision attendue en octobre.

DecryptEco

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